Thursday, 27 October 2011

Para todos todo... Classés Z.O.P. pour 20 ans ?
Para todos todo... Classed Z.O.P. for 20 years ?



A la gare vers midi. Attente du train en provenance d'Athènes. Il sera bondé. Trente-cinq euros A/R, et sans péages, pour l'instant. En plus, deux rames par jour, au lieu de quatre avant. Un ami a décidé de célébrer ici le 28 octobre. Demain (28) c'est la fête nationale. Nous étions ensemble il y a deux semaines, pas loin de la banderole nocturne, devant le supposé Parlement de notre Zone Occupée: Para todos todo - para nosotros nada... etc.

Tout le monde commente les décisions de la tondeuse allemande sur notre pays, le premier à être classé officiellement Z.O.P. (Zone d'Occupation Prioritaire), au sein de l'Union Européenne. Quelle nuit à Bruxelles ! On dirait celle des longs ciseaux. Tous les regards, braqués sur la télévision au café de la gare, les injures pleuvent. “Nous devons dire NON demain dans les rues, transformer les parades en manifs”, a lancé un conducteur de taxi qui espérait trouver enfin un client par l'arrivée du train. “T'as vu - a répondu un agent du rail - tous les députes du département se sont déclarés malades pour ne pas assister aux festivités, car les syndicats et les autres collectifs, ont formulé des menaces”. C'est vrai, dans toute la Grèce, il n'y a plus un seul ministre ou député P.S. qui puisse s'aventurer lors d'une promenade, une apparition officielle ou privée sans recevoir, injures, œufs et autres projectiles.


En attendant, le chauffeur de taxi m'a mis au courant de sa nouvelle stratégie de survie. “Dire NON dans la rue c'est bien, mais il faut aussi remplir l'assiette chez soi. Au niveau régional nos unions professionnelles ont monté une vraie société coopérative d'importation et de revente de pièces entre nous. C'est ainsi que les rotules de direction nous coutent trois fois moins cher, l'huile de semi-synthèse, moitié-prix, en plus nous ne chipons pas la TVA nous, salopards d'importateurs, racaille...”.

Le 28 Octobre 1940, notre dictateur de l'époque, Metaxás, a dit NON à l'ultimatum italien de la double décennie fasciste - ventennio fascista. Benito Mussolini a perdu sa guerre car les grecs, à part Metaxás, ont également dit non, et parce que les italiens n'ont pas pris l'affaire très au sérieux au point de réclamer la descente des Allemands... pour aller vite, notre mai 1941 répétait mai 1940, en France. Nous, nous attendons donc le 28 Octobre 2011 avec fébrilité... Les infos filtrées depuis Bruxelles font état de vingt ans de "tutelle"... une double décennie, entière.


L'ami est arrivé. Athènes c'est trop lourd mon vieux, tu verras en y retournant”. Le train a apporté en plus, les clients tant attendus par le chauffeur de taxi, il en aura sans doute pour ses rotules, avant le prochain sommet à Bruxelles.


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