Monday, 27 May 2013

Temps caricatural/Caricature time



De retour à Athènes depuis les pays centraux du continent, on sent alors le futur si proche et saisissant, s’agissant bien entendu d’un bien autre futur qui s’y prépare. Déjà que les grands médias continentaux, ainsi que le meilleur de la doxa ambiante ignorent désormais “nos” affaires, disons grecques. Le temps ne ment pas du côté d’Athènes, un policier vient de se suicider ce lundi dans les toilettes de son aéroport international, tandis que sur certaines affiches on peut lire à propos d’un spectacle déjà désuet car datant de plusieurs moins: “C'est en tant que pays que je meurs. Le passé, le présent et le futur d’une société qui s’effondre”. Ce qui n’est pas de l’avis de tout le monde, et fort heureusement.

C'est en tant que pays que je meurs

Anestis Tsoukarakis, lieutenant-colonel de l’armée de terre et Président du syndicat de sa branche assure dans un entretien accordé au “Quotidien des Rédacteurs” du 25-26 mai, que son combat “est celui de la justice, de la démocratie et de la dignité aux côtés des autres composantes de la société et non pas contre elles”. Car l’effondrement menace désormais presque tout le monde, cet effondrement sélectif mais toutefois massif, qui se poursuit et qui se radicalise, au point même de devenir chronique, pour ne pas dire achronique, voire dans un sens et par une certaine dérision, utopique. En pleine mauvaise utopie alors, les habitants de ce pays, 80% d'entre eux plus précisément, sont sur le point de sombrer dans une litote inspirée d’une “décroissance” implacable car socialement sélective. Jacques Sapir me disait y a déjà plusieurs mois que l'Europe du Sud, et très probablement la Grèce, se verraient imposer cette nouvelle “territorialisation de l'effondrement” et de la “paupérisation durable”, un peu à la manière des espaces des pays ex-communistes en Europe de l'Est, et à défaut de changer de “gouvernance”.

Le lieutenant-colonel Anestis Tsoukarakis.“Quotidien des Rédacteurs”, le 25-26 mai

Depuis Athènes ou depuis Thèbes, nous autres... béotiens alors, nous prenons désormais... si bien conscience de cette nouvelle réalité ab initio de “l’autre monde certainement possible”. La revue politique hebdomadaire Epikaira vient de publier à ce propos, le 23 mai, une tribune au titre évocateur des cristallisations du moment: “L’Europe qui vient: Plébéiens et Patriciens”, et où il est question “de l’impact considérable sur l'économie, la société, et sur la politique étrangère de la Grèce, s’agissant de l’aboutissement visiblement généralisé du conflit Nord - Sud au sein de l'Union européenne. Dans le domaine économique déjà, les pays d'Europe du Nord, agissent et de manière décisive pour ainsi modifier l'architecture de l’Europe, et ceci, en renversant complètement les données de notre pays, lequel avait fait alors de l'intégration au sein de l'Union européenne et de la zone euro un enjeu national majeur”. Nous voilà, j’y ajouterais à “l’Europe de l’endroit”, puis, à celle “de l’envers”... mais loin, très loin du Pacifique et de ses fosses les plus profondes de la Terre... à part la financiarisation des échanges peut-être. Il n’y a que la presse disons “autorisée” comme Ta Nea de ce lundi 27 mai, qui en première page, estime que Wolfgang Schäuble, “serait en train de changer d'avis pour enfin se montrer favorable à l'octroi par la Banque allemande d’investissement Kfw aux pays du Sud, d'emprunts bon marché”, et nous, nous ne savons plus quoi dire à propos du ministre fédéral des Finances, tellement nous sommes fatigués, vraiment.

Quotidien “Ta Nea” du 27 mai

Et sur le terrain, les désocialisations s’accélèrent, ainsi qu’une certaine perte d'influence de Syriza liée à mon avis à son imprécision, voire à son impréparation face aux apories, déclarées telle une guerre, depuis cet autre futur si proche. J’ai tiré la sonnette d'alarme à ce propos, y compris derrière les micros de la radio 105,5 (de Syriza) il y a deux semaines. Face à ces désocialisations les citoyens, les riverains et les habitants réagissent pourtant. Comme par la création de ce nouvel espace autogéré dans le quartier, d’après les affiches que l’on voit partout sur les murs: “Voisins et voisines. Un nouvel espace de résistance, de solidarité et de lutte, ouvre ses portes. Pour que nous puissions couvrir nos besoins collectivement, pour faire baisser le coût de la vie, pour créer une sociabilité nouvelle dans notre quartier”.

Voisins, voisines

Dans la même synchronie, un nouvel appel renouvelé à la jeunesse “en vue de créer une organisation au niveau local” de Syriza, s’inspire volontairement des symboles des années 1940, liés à la résistance, drôle d’époque, la nôtre en tout cas !

Syriza, appel renouvelé à la jeunesse. Athènes quartiers Nord, mai 2013

On s’y préparerait comme on peut, jeunes ou pas, de même que du côté des commerçants qui parfois... font faillite de manière concertée et... complémentaire. À part les nouvelles boutiques qui ferment sans cesse, le réparateur d’aspirateurs électriques et en même temps, petit vendeur d’art du quartier, s’est regroupé après fermeture, avec le menuisier voisin, on y trouvera désormais les pièces en panne, ce qui évitera si possible les grands magasins, plus lointains culturellement que jamais pour certains d’entre nous, ce serait au moins un aspect disons positif de la crise. Quant à l’art c’en est terminé.

Le réparateur d'aspirateurs électriques du quartier, le 27 mai

Ce qui est plus grave c’est que l’art et la création artistique et audiovisuelle peuvent ou “doivent” aussi mourir autrement. Par mort subite ou par arrêt cardiaque provoqué. Depuis plus d’une semaine, les rumeurs les plus folles, courent sur la fin et qui serait très proche de l’audiovisuel publique, ainsi que du Centre National du Cinéma. Cette même menace plane sur la Cinémathèque, dont elle dépend, et où, dans son programme en ce moment, on y trouve l’excellent documentaire de Vassilis Loules “Baisers aux enfants”, s’agissant de l’histoire de cinq enfants juifs, rescapés de la mort. Par les temps qui courent, leur mémoire vivante est plus qu’essentielle je dirais.

Baisers aux enfants” à la Cinémathèque. Quotidien “Avgi” du 26 mai

La presse internationale estime sans doute à juste titre que nos touristes seraient de retour, peut-être grâce à la crise, et nous, nous les accueillerons les mains... pleines d’histoire, de mémoire et d’apories.


On s’inspire alors du passé dans un sens, faute d’un présent stable. Hier le 26 mai et dans un long texte publié par le quotidien “Avgi”, journal historique de la Gauche radicale, mon ami Fondas Ladis, écrivain, poète et compagnon de lutte de Mikis Theodorakis dans les années 1960, souligne à travers une analyse et en même temps, “nécrologie annonciatrice” à la mémoire de Grigoris Lambrakis au cinquantenaire de son assassinat et dont le titre est: “Ce que l’époque de Lambrakis nous enseigne”, ce qui rappelle également le film “Z” de Costa Gavras, “qu’à la veille de la dictature des Colonels, c’était en 1967, la gauche n’avait ni anticipé, ni préparé ses membres et ses sympathisants pour un éventuel changement tragique et en même temps radical des conditions politiques, synonyme de renversement, au moment même, où tout laissait prévoir la prochaine dictature, ou du moins, l’adoption inévitable d’une certaine suite dans les solutions anti-démocratiques”.
Inutile de dire que pour ce qui est des solutions anti-démocratiques en Grèce imposées par la Troïka (Union européenne, F.M.I. et B.C.E.) depuis 2010, le fait est déjà bien accompli, et quant à la dictature, c’est de toute évidence le “meilleur” zeitgeist qui la transpire en ce moment, “d’en haut” comme “d’en bas”. On se souviendra alors à l’occasion, de cette première apparition des Rolling Stones à Athènes, c’était pour un concert historique qui a eu lieu le soir du 17 avril 1967 au stade de Panathénaïkos. Le prix des place était jugé exorbitant, de 60 à 120 drachmes mais évidemment le stade a été vite rempli, plus de 10.000 spectateurs y étaient présents. Après avoir interprété, Lady Jane, 19th Nervous Breakdown, Ruby Tuesday et Let’s spend the night together, c’était lors du morceau Satisfaction que Mick Jagger a eu l’idée de lancer des œillets rouge sur la foule des spectateurs, poursuivi par Tom Keylock, le chauffeur devenu homme à tout faire des Rolling Stones. La police omniprésente, crut bon intervenir “pour acte de subversion”, et le concert fut interrompu. Tom Keylock a été même passé à tabac par les policiers et il a aussitôt été transporté à l’hôpital. Il n’a pas pu embarquer dans un avion au 21 avril mais quelques jours plus tard, car la dictature venait tout juste de sortir de ses casernes.

Les Rolling Stones à Athènes en 1967

Mais décidément, on s’inspire encore une fois, et une fois de trop du passé. La semaine dernière, des policiers ont interpellé dans une rue d’Athènes, les membres du groupe suédois The Shrine, au motif qu’ils auraient de cheveux trop longs. Voilà comment la crise et le Troïkanisme, sauraient également produire à part le chômage et les suicides, du burlesque authentique. Heureusement dans un sens car il faut parfois en rire de tout, et surtout heureusement parce que la Police, ou plus précisément son principal syndicat, proteste à Chalkidiki, de l’usage politique sont elle sert, contre la volonté des habitants qui refusent toujours la présence des exploitants d’or dans leur forêt. “Lorsque le problème est politique, entre les citoyens, une communauté et le pouvoir central, il va falloir alors arbitrer autrement que par l'usage de la police. La moitié de nos hommes sur place, servent à garder les installations de la compagnie Eldorado Gold”, d’après la presse de la semaine dernière comme “To Pontiki”, notre hebdomadaire politique et satirique.

To Pontiki,Policiers manifestants à Skouries, 23 mai.

Nous sommes si loin de l’époque de Grigoris Lambrakis et pourtant parfois, nous avons l’impression d’en entendre l’écho plus clairement que jamais. Et à part la méta-démocratie d’en haut, c’est aussi par exemple, que les Aubedoriens du pire ersatz nazifiant progressent comme on dit dans la presse, autant dans les représentations que dans les “pratiques”. Je crains fort alors, qu’à la densité retrouvée du temps historique, en Occident dans un sens depuis 2010, les gauches clairsemées et sporadiques s’avèrent impréparées, comme le “grand reste des syllogismes collectifs”. Ce qui ne veut pas dire que rien ne se passe, bien au contraire. Il y eu par exemple la création de ce nouveau parti de gauche récemment à Athènes, le parti du “Plan B”, un mouvement qui prône l'abandon de l'euro, déjà comme base de départ... et à l’arrivée incertaine. Il est initié par Alekos Alavanos, ex-mentor politique d'Alexis Tsipras et ex-chef du parti de la gauche radicale mais qui a quitté Syriza depuis 2008, avec lequel j'ai pu échanger sur certains points. J'évoque mes impressions de cet événement sur ce blog dans d’un récent billet.

Grigoris Lambrakis. Article de Fondas Ladis, “Avgi” du 26 mai

On peut certes n’être guère optimiste pourtant des suites possibles, “Plan B” ou pas. Du moins, la vie quotidienne sous le mémorandum renouvèlera incontestablement les passions, ainsi que les méthodes des historiens futurs. Sauf que le “matériel de terrain”, est fort douloureux, au pays où d’après une enquête du Centre National de la Recherche Sociale, également menacé de fermeture troïkanne, “on” se prostitue désormais pour cinq euros, comme le rappelle récemment le “The New York Times” à travers un de ses blogs.

Max Beckmann. “L’enlèvement d’Europe”, 1933, Berlin. “Avgi”, du 26 mai

Il se peut également que le “matériel de terrain”, devient même difficile et épineux. Il en est ainsi aussi du blog comme de nombreux autres véritables aventures de ce genre, en somme nouveau et innovant. Il faut dire que je le maintiens toujours régulièrement mais assez difficilement, certes le... limon de la crise est un fertilisant hors pair, mais autant un poison aux dires de tous ici, sauf que j'ai de plus en plus de mal à lui “fabriquer” un avenir, (et) s’agissant également de certaines interrogations qui mutatis mutandis ont aussi nourri le débat autour d’autres blogs, celui de Paul Jorion par exemple. Pour ce qui est du blog justement, et après plus de dix-huit mois d’existence, le temps d’un premier bilan est arrivé. Étant strictement seul à en assurer la conception, les reportages, la rédaction ainsi que le (presque car impossible) suivi des commentaires, sauf l’énorme travail en informatique assuré de manière bénévole jusque-là par mon ami Kendavros, je considère que son concept doit en quelque sorte évoluer, et que le système des donations, d’ailleurs en perte de vitesse et souvent aléatoire par essence, n'assure en effet qu'une petite survie certes salvatrice et je suis fort reconnaissant aux amis et lecteurs de ce blog. Sauf que la “survie durable” soit dite en passant, ne favorise pas la réflexion de fond et la bonne suite dans les idées non plus. Enfin, je remarque que souvent, les billets de mon blog sont repris sans autorisation de ma part ici ou là à travers le web et ceci même, par certains sites qui se font financer par les internautes, ce qui au-delà des considérations disons mercantiles, pose un problème éthique évidement bien connu car difficile à résoudre.

Travailleurs. Genève, mai 2013

Je me demande déjà si le temps ne serait pas venu, pour proposer une version plus fermée du blog, où par exemple un tiers du contenu serait en accès libre et le reste accessible par abonnement. Je réfléchis également sur la transformation du blog et en réalité de ma démarche en une forme de structure de type mini-société, association ou ONG, ce qui éventuellement améliorerait sa visibilité et peut-être faciliterait le contact avec d'autres institutions et/ou fondations, y compris pour ce qui serait de son soutien, et en vue d’en proposer d’autres actions, entre “think tank” et “impressionnisme de terrain”, à travers ce “triage” dans la “déchetterie de la crise”, notre espace ainsi clos et gardienné par la Troïka et/ou l’Aube dorée, c’est à craindre et c’est bien trop grave pour ne pas le souligner.

Les suggestions ainsi que les bonnes idées sont évidemment les bienvenues ! S'occuper en tout cas de sa propre survie sur le plan matériel tout en menant tant que possible un combat d’écriture et politique, puis, les démarches en vue de s'en sortir comme on dit, tel est notre quotidien ici, ce qui laisse peu de répit, au moment même où de nombreux amis, scientifiques, artistes, techniciens ou musiciens, quittent le pays, disparaissant ainsi à jamais de la “circulation de la sociabilité” ainsi que par la même occasion du combat politique. Puis, il y a ceux qui partent autrement. À ce propos, ce qui est encore plus grave et autant significatif à mon avis quant à l’état des représentations actuelles, ce que certains citoyens engagés politiquement et déjà connus pour leurs actions (comme un responsable syndicats et membre de Syriza à Volos en Thessalie, initiateur il y a quelques mois d'une marche de 400 km jusqu'au Parlement à Athènes, inspiré du mouvement analogue des mineurs espagnols), se suicident à leur tour comme... tous ces autres: avocats, cadres de l'armée, chômeurs ou retraités.

Yaourts grecs. Lausanne, mai 2013

C’est ainsi que tout voyage pour nous (sauf le dernier !), toute occasion d’échange, tout lieu de réflexion en dehors de notre pays, se présente et s’opère somme une issue de sortie provisoire ou sinon, comme une permission depuis la première ligne de “l’autre monde nouveau”. C’est ainsi et grâce à l’invitation de l’Université de Lausanne qui en assuré les frais, que j’ai enfin retrouvé une certaine ambiance comme on dit “de séminaire” la semaine dernière à Lausanne, invité de l'Université et plus précisément du “Centre de Recherche sur l'Action Politique de l'Université de Lausanne” (CRAPUL), où j'ai donné une conférence le 22 mai, ainsi qu’une autre le 21 mai, au “Café de Décroissance” du “Réseau Objecteurs de croissance” (ROC), toujours à la même ville. J’espère en tout cas, que le projet d’enquête de terrain, d’une durée limitée, et de recherche proposé par le CRAPUL, aboutira, car comme en général en pareil cas, son financement doit être assuré par de fonds privés. Tout en remerciant publiquement les confrères de l’UNIL ainsi que le ROC de Lausanne, je reste évidemment ouvert à de propositions d'autres organismes et/ou projets de recherche, à l’instar de mes compatriotes de la République des lettres... helladiques.

Affiche de l'UNIL. Lausanne, mai 2013

Déjà et il faut le dire, ce n’est que grâce à de telles invitations que nous pouvons désormais voyager et échanger, tel fut le propos du jour hier entre amis ici à Athènes, tous issus du monde universitaire, de la recherche et des lettres... bientôt mortes ? Aux dires de tous, nos possibilités de voyager comme nous pouvions encore les accomplir avant le mémorandum II, ne sont plus, et cette crise c’est avant tout un rétrécissement de nos univers, voire une forme d’univers concentrationnaire, pourtant au moment d’un inévitable et certain “Penser global”, comme le prouve également la toute nouvelle revue homonyme aux Éditions de la Maison des sciences de l'homme, ainsi que le “Manifeste” y afférent, pour les sciences sociales, de Craig Calhoun et de Michel Wieviorka.
Au moment enfin, ou du moins, nous aimerions pouvoir “déposer notre propos” sur la balance de la “dynastie des derniers pas” du temps présent, et avant que ce pays ne soit complètement transformé en une “salle d’objets”, pour reprendre deux expressions de notre poète “de l’anachorétisme et de la dignité” comme il aimait se définir lui-même, Yannis Varveris (1955-2011).

D’ailleurs, le prochain monde vu d’ici, sera digne et (déjà plus) éthique ou il ne sera plus, sauf que rien n’est gagné. J'espère fort en tout cas, qu'un certain changement “d'en haut” déjà, tel que par exemple le préconise Paul Jorion, pour ce qui est du “méta-monde”, des structures “méta-nationales”, et j'y ajouterais de la méta-démocratie se réalise enfin et si cela reste alors possible, au plus vite pour renverser le “fantôme du monde”. Déjà à Lausanne, il y a du travail, on y trouve des yaourts grecs, et l’Université se porte toujours très bien, contrairement à nos établissements ici et parfois même ailleurs. Nous restent pourtant nos plages, très fréquentées déjà en ce moment, comme ces caricatures de presse, lieux en somme ultimes et fort utiles car réconfortants.

Plage d'Attique, le 26 mai

Quotidien des Rédacteurs, du 25 mai

Sauf que Rosa, la chienne de Holargos, perdue depuis le 8 mai n’aurait pas été retrouvée. Temps de crise, temps caricatural. Texte publié sous une autre forme sur le blog de Paul Jorion.

Rosa est perdue depuis le 8 mai. Holargos, le 27 mai




* Photo de couverture: Le kiosque. Athènes, le 27 mai

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