Saturday, 31 August 2013

Vol direct/Direct flight (A pun for Pickpocket)



La crise, c’est l’accumulation de certains faits et gestes marquants, voire, manquants. Nos petites histoires, s’imbriquant à sa version... hautaine, vue d’en haut comme on dit parfois. Sur un trottoir bondé de monde ce matin, j’ai enfin... partagé à mon tour, l’expérience qui consiste à se faire dérober son maigre et unique portefeuille. C’était au Pirée, près de la gare. C’est ainsi, qu’une certaine reprogrammation... à la “Greek-Crisis”, s’impose désormais par la force des choses, ainsi que par... la splendide aporie de son auteur.

Friday, 30 August 2013

“Privaticemos a Aristóteles” (Privatize Aristotle)



D’après les symboles ou les usages, voire, certaines apparences, l’été grec s’achève bel et bien en août. Tel est le ressenti des athéniens en ce moment, sauf que nos derniers... aoûtiens, ce sont des manifestants, s’agissant des agents de l’Éducation dite “Nationale” ou de la Santé “Publique”. Place Omonoia, les cireurs de chaussures et les vendeurs de billets de loterie attendent désespérément leurs clients, visiblement, l’engouement populaire n’est plus. D’ailleurs cette semaine, le “Parlement” a adopté un amendement initiant la privatisation de la Régie de la Loterie “Nationale”. Sans doute, un effet de l’été qui s’achève.

Wednesday, 28 August 2013

Les métropoles du Chaos/Metropolis of Chaos



Athènes retrouve ses dysmorphoses humaines habituelles, ses orgues de Barbarie, enfin, ses brisures d’attente et d’espoir. Août se termine. Les touristes ne sont pas encore partis et les athéniens, déjà de retour se racontent leurs vacances. De même que nos mendiants, également de retour. À l’image de cette femme, elle est souvent en train de pleurer près du métro, ou de son voisin de vieillard ainsi que d’un jeune et nouveau mendiant rue d’Athéna. Ce dernier représente visiblement les “derniers venus”, cache ainsi son visage et se tient à l’écart des autres. En plein soleil, assis presque à même le sol rue de la fille de Zeus.

Saturday, 24 August 2013

L'obsolescence de l'homme/The obsolescence of man



Depuis nos cinq hôpitaux athéniens supprimés de la semaine dernière, le temps est à l’évacuation les malades. “Il faut dire que les sociétés ne changent pas facilement et tous ceux, qui n'arrivent pas à s'adapter, alors ils meurent”, avait déjà affirmé dans un tweet Adonis Georgiadis, ministre de la “Santé” d’Antonis Samaras et ancien du parti d’extrême-droite, LAOS. Août finissant, été décidément rigide et... murmure troïkanne: “C’est la compétitivité qui compte avant tout, la Grèce n'est plus un problème, même si, sa population devrait disons-le diminuer suite à la politique d'ajustement économique qui d’ailleurs, est loin de s’achever”.

Wednesday, 21 August 2013

Rideau de la dette/The debt curtain



D’après le philosophe Günther Anders, la “honte prométhéenne” serait celle que l'homme éprouverait face à sa finitude, comparée à la perfection des machines. À tort. Et notre dernière situation... prométhéenne à nous tous ici du côté d’Athènes, ainsi que la honte qui lui serait liée, pour ne pas dire l’hybris, résulte de cette “faute fondamentale” et civilisationnelle qu’est l’euro, par... excellence “monnaie technique”. Depuis un moment déjà, la presse insiste, chiffres à l’appui, sur la pauvreté qui touche désormais la moitié des Grecs et ceci au moment même, où Yannis Stournaras exige “la levée nécessaire des derniers obstacles d’ordre juridique”, et qui empêchent pour l’instant la saisie de la résidence principale pour dettes. “Sinon, les banques perdront toute leur crédibilité et le système s'effondrera”, affirme-t-il. Décidément, la question, ou plutôt l’aporie, n’est guère économique, mais civilisationnelle.

Friday, 16 August 2013

“Ladri di biciclette”



Nous observons médusés toutes ces dernières mutations ahurissantes autour de nous. Fatalement, nous nous observons aussi. De toute évidence, la “crise” c’est du sable mouvant. Et nous ignorerions à son propos, le poids que notre société pourra encore supporter. Depuis mercredi dernier dans les quartiers ouest d’Athènes, la présence policière est très visible, suite à la mort de Thanasis Kanaoutis âgé de 19 ans. Sans ticket valide, il avait sauté ou il a été poussé du trolleybus après avoir subi la violence physique et verbale du contrôleur et peut-être du machiniste. “Nous sommes tous chômeurs dans ma famille...” auraient été ses derniers propos d’après certains témoins. Depuis, et sur les murs du quartier, les graffitis qui apparaissent ne portent qu’un seul message: “Vengeance”. Des machinistes sur la ligne cette même ligne 12 du trolleybus ont été aussitôt agressés d’après le porte-parole de leurs syndicats, N. Xydakis joint par les journalistes de la télévision “SKAI” par la suite.

Monday, 12 August 2013

Sabordages/Scuttling



La Grèce prépare activement son 15 août, et aux dires de tout le monde se prépare aussi, à “ce qui arrivera en septembre”. Les rues d’Athènes sont de plus en plus désertes cela devient enfin perceptible, sauf que rien ne se répète plus à la manière du passé. Même pas l’histoire. Le voisin d’en face qui ne part pas en vacances non plus s’occupe de son grenadier qui penche sous le poids de ses fruits, les boutiques, les brasseries et même certains kiosques sont fermés pour cause de congés annuels. Aux fermetures définitives, s’ajoutent celles du mois d’août, la saison se superpose ainsi au temps qui fait. Cette drôle de première guerre géoéconomique du 21ème siècle ne fait que commencer, on le sait désormais... mais en Grèce, nous serions en vacances.

Wednesday, 7 August 2013

Figues et raisins/Figs and grapes



En cette saison, les figues apparaissent enfin sur les étalages des primeurs ou sur les charrettes des marchands ambulants. Sur les étals du marché central, le poisson est abondant sauf que nous préférons attendre plutôt la dernière heure, c'est-à-dire vers 15h, pour en acheter à moitié-prix. L’été pour une fois demeure entier, Athènes se vide peu à peu mais plus complètement, tandis que sur le Lycabette, les nombreux touristes s’avouent toujours si émerveillés du panorama qu’offre sur Athènes, cette colline, point culminant de notre ville.

Friday, 2 August 2013

Amorgos et la dignité/Amorgos and dignity



Depuis un moment déjà, notre pays plonge pour de bon. Certains analystes d’ici et d’ailleurs nous annoncent même le pire pour la dite rentée. D’ailleurs, depuis cette semaine, les listes contenant les noms des fonctionnaires qui seront licenciés circulent officiellement, entre les ministères et la sphère Internet. Donc c’est fait. Athènes se vide toutefois relativement, et quant à Amorgos, l’île du très grand bleu, elle plonge à sa manière depuis quelques jours dans la tristesse. L’archipel du pire, alors on y est. Un retraité, habitant d’Arkesini d’Amorgos s’est en effet suicidé mardi 30 juillet au matin. Il n’aurait pas supporté le licenciement de son fils, musicien à l’orchestre symphonique de la radiotélévision publique ERT. À Arkesini, petit hameau au sud-ouest du chef-lieu appelé Chora, et comme ailleurs sur l’île c’est le choc.