Saturday, 17 May 2014

Audace politique/Political audacity



Les candidats aux innombrables figures électorales ont tout donné. La figuration démocratique connaîtra déjà son heure, ou son mauvais quart d’heure à la suite du premier tour des élections municipales et régionales ce dimanche 18 mai. Meetings, arguments et controverses qui s’entrecroisent sous une tempête de confettis, affiches et autres feuillets jusqu’aux pare-brises des voitures semi-abandonnées, nouvelles demeures pour chiens et humains. Europe décentrée, déconcertante.

Les candidats... sur le pare-brise. Athènes, mai 2014

L’époque n’est guère légère, sa gravité palpable ici est même parfois à l’origine de certains débats publics enfin concrets et essentiels. Comme celui, organisé lundi 19 mai à Athènes et qui aura comme thème, “Les élections européennes de 2014, la Grèce, l'UE, la Russie”.

Des journalistes et analystes, dont deux candidats aux élections européennes (SYRIZA et parti anti-mémorandum Grecs Indépendants - de droite) formeront alors le panel des intervenants. L’affiche annonçant l’événement permet déjà un aperçu assez sommaire et toutefois fort juste des enjeux du siècle. Je note que la figure de l’androgyne de l’eurovision, promue ainsi cette année jusqu’au podium du dépotoir culturel triomphant par ces même élites de la mondialisation n’est pas ignorée. Un vrai débat donc, et l'Europe de l'Atlantique à l'Oural.

Même dans les couloirs du ministère de l’Éducation, l’événement de l’Eurovision a été commenté une fois n’est pas coutume: “C'est une opération d'envergure visant à forger le... genre humain nouveau et avec lui... la docilité, sous prétexte d’une pseudo-tolérance. Et voilà le résultat, déjà on tolère cette crise orchestrée, pour ne rien dire autant, au sujet des nouvelles juntes”, parole... forcement anonyme d’un cadre de notre Éducation restante.

Les élections européennes, la Grèce, l'UE, la Russie. Athènes, mai 2014

Sortons de la prison de l'Euro et de l'UE. Affiche parti ANTARSYA, Athènes, mai 2014

D’autres affiches suggèrent la sortie “de la prison de l'Euro et de l'UE avec la Gauche du retournement” et du petit parti ANTARSYA. Cependant, il semblerait que chez les... consternés historiques de la Gauche, se forme déjà un courant... SYRIZA, celui de la dernière chance. Stavros qui avait quitté le parti d’Alexis peu avant les élections de 2012... y revient en force.

C’est un acte décidé et volontaire. La droitisation de SYRIZA me rend malade, autant que l’européisme de sa clique dirigeante. Mais comme j’ai de la bouteille, et tout ce monde qui me fréquente le sait, j’interviens donc. Les néo-Syrizistes issus du PASOK ferment leur bec devant moi, ils comprennent que dans certaines circonstances du moins, ils ont alors mis les pieds dans un volcan politique pas encore éteint. C’est en tout cas notre dernière chance. Pour SYRIZA et peut-être pour la Grèce. Le calendrier qui nous a été imposé a transformé notre pays en cimetière. Nous devons sortir de là... et désormais cela prendra le temps d’une longue résurrection par la lutte”.

Nouveau siècle. Athènes, mai 2014

Spectacles à Athènes, mai 2014

Mon ami Yorgos partage cette analyse, il en rajoute même. “Je voterais SYRIZA car l’effet surprise ou ‘accident’ reste à mon avis toujours envisageable. Alexis Tsipras qui s’est bien débrouillé lors du débat entre candidats à la présidence de la Commission européenne a certes fait déborder d’eau son verre de vin rouge. Mais nous n’aurons guère le choix. En cas de changement initié par des événements internes ou externes, certaines dynamiques pourraient sous conditions certes, nous conduire vers le clash tant souhaité avec l’UE. Ce n’est pas par un quelconque reflexe de vote utile que je procéderai de la sorte, mais plutôt à cause de cette gravité qui alors nous tue. SYRIZA n’est pas complètement contrôlé par les tenants du vrai pouvoir... et en plus, nous ne voulons plus voir ces gueules des truands, Samaras, Venizélos et compagnie. Basta”.

C’était un soir autour d’un verre d’ouzo... en compagnie d’un animal adespote, décidément bien audacieux dans la politique ! Grèce du début d’été, aux les touristes qui nous observent lors des premières photos de plage. Ce n’est qu’après les photos que les instantanés des discussions et des paroles forcement en l’air, font état de ce ras-le-bol profond et partagé. “Tu verras Vlassis, même l'Aube dorée fera un score honorable, les gens ne sont pas dupes” entend-on dire parfois.

Athènes, mai 2014

De ce fait, toutes les récentes visites de Samaras et de Venizélos, tantôt en Thessalie, tantôt par exemple sur l’île de Lesbos tournent au fiasco. “Protégés” afin d’éviter tout contact avec la foule (en colère), ils interdisent parfois même la présence des journalistes lors des débats (comme Samaras à Lesbos). “Le fanatisme a tué l'Homme” suggère un slogan d’époque sur un mur d’Athènes. L’homme politique Samaras, sans doute.

Tout le monde admet (à tord ou à raison) qu’il s’agit d’un homme politique... marionnette de Barroso, caricaturistes compris et autant à travers la sociologie de la Nouvelle démocratie dont mon cousin Evangelos de la très vieille droite, il ne votera pas en faveur de la Nouvelle démocratie... pour sa première fois. “Samaras est un type dangereux, un psychotique. Les siens ont monté à... leur manière un spot télévisé paraphrasant et surtout déformant des déclarations du président Obama sur la Grèce. Je préfère m'abstenir... ou je ne sais pas”, dit-il. L’ambassade des États-Unis à Athènes a en conséquence diffusé la vidéo contenant la version complète et exacte des propos de Barack Obama (semaine du 12 mai). Les montanistes d’Antonis Samaras ont ainsi retiré... leur œuvre. Le ridicule ne tue plus !

Le fanatisme a tué l'Homme. Athènes, mai 2014

La marionnette Samaras. “Quotidien des Rédacteurs” du 14 mai

Photo de la plage. En Attique, mai 2014

Dimanche soir déjà, nous en saurons davantage au pays des plages, du crime... économiste organisé et des mentalités acrobates. Les candidats aux innombrables figures électorales... auront tout donné. Mai pas autant que nous.

C’était donc un soir autour d’un verre d’ouzo... en compagnie d’un animal adespote, décidément bien plus audacieux dans sa politique que nous tous réunis. L’ami Yorgos a trinqué à la santé du futur: “Eh bien... à la fin des escrocs. Joyeux été !

Un animal adespote audacieux dans sa politique. Grèce, Mai 2014




* Photo de couverture: Athènes, mai 2014

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