Tuesday, 20 January 2015

Pseudologies troïkannes ultimes/The ultimate troïkannes’ pseudologie



L’espoir est en route. Pour une fois le slogan exprime tout simplement la réalité. Le parti de la Gauche radicale a ainsi installé son grand kiosque au centre-ville d’Athènes aux couleurs de l’espoir. L’image est forte, Alexis Tsípras, un soleil alors radieux, en plus... du sans-abri du coin, la tête baissée... assis pourtant si près de l’espoir et de sa route et toutefois si loin. Presque toute la Grèce du moment est contenue dans cette image.

L'espoir est en route. Événement SYRIZA à Paris. Janvier 2015. Source: Internet

Notre historicité... Syrisienne deviendrait déjà affaire de tous et surtout des autres. C’est le moment opportun ou jamais, et tout le monde sait combien la distance est courte, entre une victoire SYRIZA “simple” et acquise déjà, et sa réussite lui permettant enfin de gouverner en disposant d’une majorité d’élus au Parlement.

Or, on réalise que la réponse à cette dernière question se fabrique en ce moment même dans les rues et dans les quartiers d’Athènes et du pays... neurone après neurone. L’influx nerveux de la victoire SYRIZA (relative ou éclatante) se concrétise, autant que sa sociologie, plus large que jamais.

Le changement en Europe commence au Sud. Quotidien “El Pais”, Espagne, le 16 janvier

Le contexte, est donc à la fois grave et heureux. L’ouverture soudaine, au-delà du prévisible imposé par les politiques criminelles de la bande connue des usurpateurs méta-démocrates, est fort perceptible. Sauf, qu’elle se réalise plutôt à travers une impulsion relativement muette, sans trop de mimodrames de la part des lieux et des dieux grecs. Ces derniers sont fatigués et pour tout dire meurtris. Et c’est alors un cas d’école, que d’observer combien l’escroc (politique) Antonis Samarás n’a plus tellement prise avec la réalité lorsqu’il déclare par exemple que “SYRIZA au pouvoir, sera synonyme de la destruction de la classe moyenne”. Les Grecs en rigolent.

Samarás alors encore aux affaires pour très peu de temps, et dont les services du bureau de Premier ministre, viennent de passer commande (à trois semaines des élections), d’un destructeur de documents (reportage de la radio 105,5 “Sto Kókkino”, le 20 janvier). Urgences tellement certaines... à faire passer en bandelettes, et en même temps cependant, certaines gesticulations on dirait “mafieuses” de sa gouvernance, à moins de cinq jours du scrutin.

Samarás: “Je suis.. à sec”. Hebdomadaire “To Pontíki”, le 15 janvier

Les Grecs sont pardonnés. 26 janvier 2015. “Quotidien des Rédacteurs” du 19 janvier

C’est ainsi que Níkos Tagarás, vice-ministre... de transition à l’Environnement et député Nouvelle démocratie de la circonscription de Corinthe, ordonne, et cela, au-delà de ses compétences, aux fonctionnaires de la municipalité d’Aristotélis (région de Chalkidiki au nord de la Grèce), d’accorder d’urgence, un permis de construire à la société “Or Grec” à Skouriés, concernant certains immeubles et locaux.

Un développement lequel intervient seulement quelques jours après que de menaces ont été directement proférées par certains cadres de cette entreprise, la semaine dernière, à l’encontre de l’agent responsable à la planification et aux permis de construire. D’après le reportage disponible, ce pauvre agent devrait se plier aux exigences de l’entreprise avant les élections, sinon, il serait “dénoncé” au Procureur se chargeant des affaires de corruption de la région. Samarás, les siens et leurs pratiques... tout un programme.

Le Rapt de la Grèce. Livre de Nadia Valaváni. Janvier 2015

Nadia Valaváni lors de la présentation de son livre. Athènes, le 19 janvier

Un programme alors riche en pratiques que certains qualifient de mafieuses, quant à un certain niveau de crime organisé, en interne comme en externe. C’est à ce point, que le livre de Nadia Valaváni “Le Rapt de la Grèce”, résumant son travail de parlementaire SYRIZA, présenté lundi 19 janvier à Athènes est d’une actualité plus que brulante.

Les termes du débat ont été les suivants: Le livre défait de la manière la plus évidente, toute la... pseudologie des apôtres du mémorandum, de tous ces criminels présumés, comme Samaras, Venizélos et Papandréou, piètres politiciens ayant sciemment violé la souveraineté nationale et populaire, bradant ainsi le pays au seul profit des rapaces financiers internationaux (et de certains oligarchies d’Athènes), pour lesquels ils œuvrent d’ailleurs et cela, depuis longtemps.

Tout cela, dans le but évidemment d’instaurer en Grèce un régime de féodalité postindustrielle et de créer à cette triste fin, la mécanique sociale nécessaire à la soumission au régime... néolibéral avancé de la Troïka (régime consubstantiel, je le répète, aux orientations de l’UE). À savoir: Production destinée à l’exportation et/ou tourisme pratiquant des rémunérations de type asiatique, le tout, après avoir aboli le cadre régulateur préexistant et notamment, les Conventions collectives et les droits des salariés.

Panagiótis Lafazánis, porte-parole SYRIZA. Athènes, le 19 janvier

D’après Nadia Valaváni (et selon de nombreux analystes et penseurs de notre temps), le capitalisme du XXIe siècle, redevient celui du pur rapt et du vol alors très violents: usurpation des biens, des êtres, des libertés et des pays, comme désormais (dès lors en Occident puisque cela est fort pratiqué depuis toujours ailleurs, à travers la planète), étant sa seule manière de donner suite à sa... perte et si cela ne change pas, la nôtre. Une première expérimentation du modèle actuel de la Troïka en Europe fut, comme le souligne Nadia dans son livre, celui si tragiquement introduit jadis par le 11 septembre (1973) au Chili.

Et quant au reste du si pauvre et vaste monde, il a été aussi rappelé lors de la présentation de cet ouvrage, que les premières mesures adoptées par l’administration américaine en Irak (sous Bush), furent très précisément, les privatisations, l’interdiction de l’action syndicale, ainsi que la dévaluation intérieure de la monnaie comme celle des salaires. En somme, toutes ces “reformes” lesquelles ont été identiquement adoptées en Grèce, non pas sous la pression des chars d’assaut, et pourtant sous la violence écrasante des... panzers économiques de l’Allemagne actuelle, faisant ainsi usage du levier bien commode de la dette publique.

Un autre grand mythe (orchestré) est à son tour aboli par l’argumentaire de Nadia Valaváni. Il s’agit des fameuses privatisations des biens et des entreprises du pays “pour ainsi faire diminuer le fardeau de la dette”. Ainsi, et lorsque la dite dette avoisinerait (les) 300 milliards d’euros, il a été alors question de brader des entreprises publiques pour quelques milliards d’euros seulement, lorsque par exemple, le titre de la Régie d’électricité (DEI qui est “à vendre”) s’est effondré et ne vaut guère plus que 70 centimes d’euros à la Bourse. Cette pratique n’a aucunement résolu le problème de la dette et en plus, il a transformé l’État (par ses pratiques), en un immense conglomérat... d’agences immobilières.

Voleur et menteur, Venizélos et Samarás. Athènes, le 19 janvier

À travers donc cette même... parabole, les privatisations nous conduiraient tout droit vers l’accomplissement de l’éthique largement protestante, et qui consisterait à faire récompenser les travailleurs et non pas par exemple les... (fonctionnaires) paresseux. Déjà, la Grèce est d’emblée un cas caractéristique du capitalisme de la fraude et les privatisations ne sont rien d’autre qu’exactement cela.

Ainsi et pour faire dans le concret, le ministre de l’Éducation de la Nouvelle démocratie soutient par sa présence, l’inauguration d’un nouvel grand établissement privé de formation professionnelle appartenant à un proche, et le lendemain, (ce même ministre) supprime de l’enseignement analogue public, ces formations dorénavant proposées dans le cadre de l’enseignement privé nouvellement conçu par l’ami entrepreneur.

Capitalisme alors libre... et concurrentiel, conflits et surtout intérêts compris. Externes d’ailleurs comme internes, au pays et à chaque pays dans pareille situation. Nadia Valaváni a enfin insisté sur un point à revoir d’urgence dans l’éventualité d’un gouvernement SYRIZA: Le TAIPED, “le fonds grec chargé de vendre et valoriser les biens publics grecs dans le cadre du large plan de privatisation exigé par les créanciers de la Grèce pour faire entrer de l'argent dans les caisses de l'État”, lequel n’aura plus raison d’être et ainsi, cet instrument inventé par les usuriers internationaux sera tout simplement supprimé. Dont acte.

Figures du Théâtre d'ombres. Athènes, janvier 2015

Samarás, figure du théâtre politique aux mains de la Troïka. Presse grecque, janvier 2015

Depuis l’affaire répétée de la gouvernance de la Troïka par e-mails adressés aux membres du cabinet Samarás, la presse grecque ironise encore et de manière bien amère, sur le... marionnettisme d’Antonis Samarás et des autres semblables. On croit savoir par exemple que le mémorandum aurait été rédigé (directement ou indirectement) dès 2009 par le banquier Stournáras (ministre des Finances encore récemment) et actuellement Gouverneur de la Banque de Grèce ; sous la... dictée des créanciers et autres sources forcement hétéronomes.

L’autre moment finira par arriver. En attendant, une certaine douceur est dès lors de retour, les rues et les places d’Athènes sont pleines de monde, au grand plaisir des correspondants internationaux, très présents en ce moment en Grèce. Triste réalité... aux belles perspectives ?

Réalité. Athènes, janvier 2015

Place Monastiráki. Athènes, janvier 2015

Enfin, lors de la présentation du livre de Nadia Valaváni, Panagiótis Lafazánis, porte-parole SYRIZA et chef de la Mouvance Gauche au sein du parti, a répété sa volonté de faire disparaître le mémorandum, de même que plus d’une grande partie de la dette grecque. Car cette dernière n’est en effet que l’arme de destruction (et le prétexte) de la guerre faite aux sociétés et aux pays lorsqu’on n’utilise pas les autres moyens.

C’est autant plus vrai, que du côté de la Nouvelle démocratie c’est la panique. Déjà, de nombreuses voix en Grèce (et pas uniquement Syrizistes), s’élèvent pour exiger dans le cas d’un vrai changement politique à travers un renouveau démocratique, le jugement des responsables politiques ayant délibérément pu commettre certains crimes potentiellement prouvés. Faire assujettir l’essentiel des titres de la dette grecque (et assimilés) au droit étranger (Anglais) quant aux possibilités d’encours, en est un. Ensuite, faire passer les intérêts vitaux du pays (santé, éducation, nourriture, enfance, vieillesse) en second plan, bien derrière ceux des usuriers internationaux relève aussi du crime, sans évoquer les violations répétées de la Constitution.

Ceux qui ont peur d'aller en prison en cas de victoire de SYRIZA. Janvier 2015

Du côté de la Nouvelle démocratie, c’est bien la panique en ce moment et parmi ses ministres les plus emblématiques, Makis Vorídis, admirateur des Colonels et proche de Samarás, n’hésite pas à prétendre que la Droite fera tout pour ne pas laisser SYRIZA accéder au pouvoir ; sous-entendu, en dépit du vote, comme le remarque le site francophone et ami, Okeanews. Pourtant, y compris au sein de la Nouvelle démocratie, ces déclarations ont été vivement critiquées.

Temps concentré et historicité bien en... cacahouètes. Dans le quartier, tous les voisins se disent désormais Syrizistes, ce qui ne contredira plus les sondages ; tous prévoient la victoire du parti de la Gauche radicale. Temps concentré et pourtant encore reclus.

Dieu, c'est l'amour. Athènes, janvier 2015

“Dieu, c'est l'amour”, peut-on lire sur un mur près du marché central d’Athènes, tandis qu’aux dernières nouvelles, un acteur du Théâtre national s’est suicidé avant-hier, il rencontrait certaines difficultés financières. Ce dernier reportage est alors passé inaperçu sous le flot de l’autre grande actualité politique, très dense en ce moment.

L’espoir est en route. Pour une fois, le slogan exprime tout simplement la réalité... ou presque.

Athènes, janvier 2015




* Photo de couverture: Presque toute la Grèce du moment est contenue dans cette image. Athènes, janvier 2015

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