Friday, 13 March 2020

The last rain
La dernière pluie


L’agressivité de la Turquie se déchaîne chaque jour davantage ; Erdogan menace et provoque. En face, l’armée grecque utilise ses ventilateurs géants pour renvoyer les gaz lacrymogènes lancés par les assaillants en territoire turc. Depuis deux jours des chasseurs F-16 turcs ont violé l’espace aérien grec près de la frontière à deux reprises, manifestement pour photographier les positions des forces terrestres grecques déployées dans la zone. Jeudi matin, les avions turcs ont été interceptés et obligés à faire demi-tour par les chasseurs grecs. On apprend également que les sous-marins des deux pays sont déployés en mer Égée, plus sur la terre ferme... le coronavirus. “Préparons-nous à mener la guerre sur tous les fronts” entend-on depuis nos radios, voilà pour l’ambiance.

Sur la frontière, ventilateur géant. Presse grecque du 12 mars

Chaque jour et de nuit, les migrants-soldats mêlés aux paramilitaires et militaires Turcs incarnant alors le rôle de l’assaillant ensauvagé, participent délibérément à cette phase hybride, visiblement préliminaire à une guerre plus classique que la Turquie Islamo-totalitaire espère imposer à la Grèce et par extension à l’Europe. Sauf que la réaction grecque a mis ses plans initiaux en échec, ce qui très vite a fait apparaître au grand jour le rôle de l’État turc et de son armée dans cette affaire montée de toutes pièces. Pourtant, le jusqu’au-boutisme n’est pas forcément bon conseiller.

En Grèce nous ne sommes pas de la dernière pluie. Depuis près de 3500 ans que la langue grecque se pratique en cette région charnière de notre bas monde, nous avons vu passer tant d’agresseurs, les Turco-ottomans compris. “Le coronavirus passera, mais c’est la Turquie qui nous fatigue depuis déjà près de mille ans, sauf que cette constance turque connait bien peu de mutations depuis ces dix siècles. Cependant, nous savons ce qu’il faut faire pour que les Turcs cessent de nous agacer”, ironise Lámbros Kalarrýtis en introduction son émission du 12 mars 2020. Le propos est certes fort, mais il est à la hauteur de l’agression subie.

Car ce qui se passe sur la frontière et en mer Égée relève bien d’un front de guerre, et c’est un peu fort de café que d’observer Erdogan et son régime crier haut et fort à la moindre occasion “combien les Grecs sont barbares et nazis”, comme autant d’autres âneries de pure propagande. Il faut remarquer, avec l’aimable participation d’une partie de la presse internationale, et ce n’est guère nouveau non plus. Surtout, de la part d’un pays pirate et agresseur historique pour l’ensemble presque des pays de sa région, pays ayant par exemple co organisés avec les “meilleurs” cadres militaires de l’Allemagne d’alors il y a un siècle, le génocide de toutes les populations chrétiennes présentes sur son territoire, Arméniens et Grecs notamment, leurs victimes se comptent alors par millions et d’ailleurs, cette même Turquie officielle et actuellement islamo-totalitaire, ne reconnaît toujours pas ses crimes.

Cela étant dit, les inepties sans cesse ruminées par la Turquie d’Erdogan finissent par provoquer des réactions logiques un peu partout, y compris outre-Atlantique. Le Président du Comité Juif Américain AJC, l'un des groupes de défense les plus puissants des États-Unis, a particulièrement critiqué par un commentaire incendiaire le président turc Erdogan. “Le dirigeant turc avait lancé une nouvelle attaque verbale cinglante contre la Grèce, affirmant qu'il n'y avait aucune différence entre les nazis et les autorités grecques actuelles. Le chef de l'AJC, David Harris, a directement posé la question dans son Tweet en réponse à l'attaque verbale absurde d'Erdogan: Les migrants en Turquie sont-ils confrontés à l'Holocauste? Fuient-ils pour sauver leur vie? Si c'est le cas, Erdogan devrait être tenu responsable. Sinon, il devrait visiter Auschwitz et se renseigner sur les vrais nazis”, presse grecque et américaine du 11 mars.

Le pire c’est que cette même politique d’épuration ethnique, de génocide, de colonisation sous la menace des armes après invasion, ainsi que l’islamisation forcée sur son propre territoire et sur du territoire conquis, demeure une politique plus actuelle que jamais, pour n’évoquer que la période allant de 1970 à nos jours ; au Kurdistan, à Chypre ou en Syrie. Sans oublier que la Turquie actuelle a emprisonné près de 150000 citoyens bien de chez elle, fonctionnaires, militaires, journalistes et même députés, prenant comme prétexte le Putsch manqué contre Erdogan en 2016. Donc lorsque cette même Turquie instrumentalise les migrants et les fanatise à sa guise, nous ne sommes pas dupes.

Erdogan connait autant l’histoire, et il semble qu’il est suffisamment épris de folie et de mégalomanie pour croire qu’il peut la répéter éternellement sans que les conséquences retombent en fin de compte sur le peuple turc. C’est vieux comme le monde et Hitler est d’ailleurs passé par là. Sous l’Empire ottoman, l’usage de civils en avant-garde d’une armée d’envahisseurs, le rapt, la colonisation pendant et durant la conquête d’un territoire sont alors monnaie courante, autant que la corruption d’une partie des élites chez l’ennemi à conquérir. L’agressivité de la Turquie actuelle est donc fort prévisible, nous aussi, nous savons lire entre ces mêmes lignes.

“Et plus les jours passent, plus cette agressivité monte alors d’un cran, on sait et on voit que devant les soldats et les policiers Grecs, de même que face aux Européens venus en renfort, les assaillants sont visiblement des djihadistes et assimilés, lesquels se comportent à la manière d’une armée de mercenaires embauchés par Erdogan”, radio 90.1 FM zone matinale du 13 mars presse grecque. Et il serait temps que les peuples de l’Europe puissent rappeler, y compris au besoin par le vote, à leurs dirigeants ce qu’elle représente réellement en tant qu’État terroriste et pirate la Turquie déjà d’Erdogan, Allemagne comprise, et je dirais même, surtout l’Allemagne.

Nos ruches. En Attique, mars 2020

“Visiblement, les élites de l’Allemagne actuelle qui contrôlent déjà toutes les instances de l’Union européenne, semblent tant favoriser l’islamisation de l’UE, d’où leur grand délire immigrationniste, histoire peut-être de vaincre et de décomposer les autres grandes et petites nations, faisant l’économie d’une guerre classique qui ne sont pas en mesure de répéter comme en 1939”, entend-on dire au soir du 11 mars sur la radio 90.1 FM de la bouche du journaliste Lámbros Kalarrýtis. Avis aux journalistes en cette belle Europe, Allemands compris, éclairez-nous davantage si possible !

En tout état de cause, nous avons également très bien lu la position historique de l’Allemagne. Alliée de la Turquie, elle ne permet pas à la supposée Union européenne que de formuler la moindre réponse significative aux provocations de la Turquie de manière mieux concertée. Les Allemands doivent sans doute se souvenir que la Turquie a déclaré la guerre à l’Allemagne de Hitler un jour seulement avant la fin du conflit de la Seconde guerre mondiale en mai 1945.

Temps présent, lorsque la normalité est alors battue en brèche. Le style est plutôt grave à défaut d’être dramatique, visiblement certains analystes et journalistes assument en ce moment cette préparation qui consiste à faire transiter le pays réel du temps de paix, vers celui de guerre. Car d’abord la tension reste vive sur la frontière terrestre et en mer Égée, comme sur le terrain de la diplomatie, sans oublier en plus, toute... l’adaptation si possible nécessaire à l’accélération de l’épidémie de coronavirus.

Exemple parmi tant d’autres, sous un ton péniblement humoristique et lourdement accrocheur, une jeune journaliste sur la radio 98,9 FM s’adressant à sa génération, faisait alors passer le message suivant: “Ce que nous savions et nous pratiquions n’est plus. Entre l’épidémie, et l’agressivité de la Turquie qui dégénère d’heure en heure, nos certitudes, voire, nos simples difficultés économiques connues et imposées depuis dix ans seront vite dépassées pour désormais atteindre un nouveau pallier dans l’inconnu et peut-être même dans le chaos. Nous avons déjà connu le coup de la transformation introduite par la crise et par la Troïka, et la première des mutations a été cette découverte soudaine de notre porte-monnaie... devenu durablement vide, et voilà que dix ans plus tard, ce sont nos attitudes quotidiennes qui doivent alors changer de fond en comble”, jeudi 12 mars, zone de midi.

C’est autant vrai que le premier décès dû au coronavirus a déjà été enregistré en Grèce et que progressivement, les avenues et les rues des villes se vident, les gens s’enferment chez eux. Depuis lundi dernier toutes les écoles et Universités du pays sont fermées, et depuis ce jeudi, les Tribunaux sont à leur tour à l’arrêt, tandis que les opérations chirurgicales programmées mais qui ne sont pas urgentes ainsi que les consultations en ambulatoire du soir dans tous les hôpitaux publics du pays, n’auront tout simplement plus lieu. Fin de semaine, et voilà que le métro athénien est sitôt déserté. Civilisation... méta-urbaine !

Avenue désertées. Athènes, mars 2020

Il va de soi que la saison touristique naissante est mort-née, et d’après les reportages du jour, l’État embauche dans l’urgence 500 médecins, 1500 infirmiers et autres auxiliaires dans le domaine de la Santé... ainsi que 1200 soldats issus des réservistes récents, ayant effectué leur service militaire au sein des forces spéciales. D’après la presse toujours, des hôtels ou même certains ferrys comme des navires de croisière peuvent être réquisitionnés pour se transformer en hôpitaux de fortune durant quelques semaines et peut-être bien au-delà. Visiblement... on mobilise. On vient d’apprendre jeudi soir, que la décision est prise de fermer les cinémas, les théâtres, les salles de gymnastique et de spectacle du pays ; prochaine étape, la fermeture des cafés et des restaurants.

Le pays réel affrontera le coronavirus, comme il fera face à l’agressivité de la Turquie d’Erdogan. La Turquie, qui manifestement, après avoir dissimulé les dimensions de l’épidémie de coronavirus sur son territoire, semble prendre des mesures d’urgence. Des analystes en Grèce estiment que les décès se compteraient déjà par centaines ; d’où peut-être aussi cette précipitation, cette fuite vers l’avant dans l’attitude d’Erdogan et de son régime.

Cependant et en Grèce, la politique imposée par l’Allemagne depuis dix ans au moyen de dirigeants marionnettes trouve ainsi ses limites et alors... biologiques. La dite austérité et la dite crise, autrement-dit, le braquage organisé d’en haut de tout un pays, des richesses matérielles ainsi que des forces vives de la nation, nous rendraient plus vulnérables que jamais. Mais nous allons tenir... quitte à revenir à nos ruches ! Et voilà que les évidences triomphent comme dans chaque situation d’urgence, ainsi, tous les verrous austéritaires doivent à présent sauter, des excédents primaires, aux 35 milliards d’euros... séquestrés à la banque centrale.

Temps de chien. En Attique, mars 2020

Le métro athénien déserté. Presse grecque du 13 mars 2020

Toute proportion gardée, le problème est exactement le même en Italie, voire un peu partout dans la zone mark et sa monnaie coloniale, à savoir l’euro. Bien entendu les élites métastasiques bien de chez nous, ne comprendront rien autrement que sous la pression des événements et des peuples. Vendredi 13 mars, et en Grèce, c’est Katerina Sakellaropoúlou qui a pris ses fonctions à la Présidence de la République. Une Juge Syrizíste, choisie à la fois par Mitsotákis et sa soi-disant droite, et par SYRIZA, c’est principalement un personnage compatible avec la politique du financier immigrationniste Sóros, et accessoirement, “c’est d’abord le choix de l’Allemagne en Grèce, pour ne pas oublier avec qui nous avons toujours à faire”, journaliste Trángas, 90.1 FM, le 13 mars.

Ce sont ces mêmes politiques qu’ont fini par affaiblir nos systèmes de Santé transformés par les temps qui courent en châteaux branlants. En Italie, le système de Santé a été en quelque sorte mis à terre et depuis la Grèce, nous observons avec beaucoup d’émotion la bataille héroïque des médecins et plus généralement du peuple d’Italie.

La flamme olympique en cérémonie. Olympie, mars 2020, presse grecque

Temps de chien, à Olympie, la flamme Olympique a été allumée en petit comité, et progressivement les rues et les routes du pays se vident. Les musées et les sites archéologiques du pays ferment leurs portes jusqu’à nouvel ordre, tonnerre de Zeus ! Les pays ferment leurs portes et leurs frontières l’un après l’autre, et c’est une belle leçon grandeur nature quant à la fonction salvatrice des frontières, comme autant de la nécessité de leur contrôle au niveau national et non pas supranational, n’en déplaise aux mondialistes et autres immigrationnistes patentés.

En Grèce nous ne sommes pas de la dernière pluie et en Europe non plus. Drôle de printemps vraiment, il ne fait que commencer. Nos certitudes, voire nos “simples” difficultés économiques depuis dix ans seront vite démodées pour atteindre un nouveau palier dans l’inconnu et peut-être dans le chaos. Plus les folies de la Turquie dans la région. Nous ne nous laisserons pas faire !

Animal adespote. Printemps en Attique, mars 2020


* Photo de couverture: Cafés vides. Athènes, mars 2020

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