Thursday, 21 May 2020

Visit Greece to learn the truth !
Visitez la Grèce pour apprendre la vérité !



Le déconfinement grec est désormais total, à l’exception toutefois notable de certaines îles... ainsi que de l’économie. Les cafés et les tavernes ouvriront de nouveau ce lundi 25 mai, bien entendu sous certaines conditions. Déjà, la vente de boissons alcoolisées ainsi que la musique des bars sont frappées d’interdiction sur les plages et quant à nos touristes tant espérés après l’ouverture progressive des frontières à partir de juin, ils devront alors et à l’instar des Grecs, suivre si possible les dites règles du nouveau recul social... après avoir été entassés dans les avions. Folie moderne!

La Grèce sans ses bistrots. Sur l’île de Póros, mai 2020

Déconfinement donc progressif. Depuis le Péloponnèse proche on peut désormais se rendre sur l’île de Póros... sous un motif valable ; cependant, les petites navettes maritimes, doivent embarquer seulement deux passagers à la fois au lieu de vingt, mais cette capacité, c’était avant le COVID-19. L’île est merveilleusement calme, sauf pour les travaux en cours car ses restaurants et cafés sont en ce moment aménagés au vu des nouvelles normes surtout sanitaires. Drôle d’ambiance et incertitude des patrons comme des employés quant à l’avenir proche du tourisme, autant que quant au retour présumé de la maladie. Seuls les chats éternels somnolent sur le port de Póros rien que pour sauver les meubles... des hommes, très exactement sous le soleil et toujours en toute beauté.

“Visit Greece to learn the Truth”, à la manière du cachet de La Poste faisant prétendument foi, c’était en ce lointain mai 1970 quand sous le régime des Colonels, le poète Séféris avait découpé cette devise depuis l’enveloppe pour la glisser dans son carnet personnel en y rajoutant tout simplement un point d’exclamation. Notons que pendant la dictature des colonels, entre 1967 et 1974, le poète rompt son silence le 28 mars 1969 dans sa célèbre déclaration à la radio de la BBC quand il a rappelé “que la junte était un désastre pour le pays et que de nouveaux malheurs sont à craindre”. Séféris pressentait l’invasion de la Turquie à Chypre, tandis que le régime saisissait le titre d’Ambassadeur d’honneur de Séféris, le privant de son passeport diplomatique.

Un demi-siècle plus tard et sous les effets du déconfinement sans les Colonels, nous avons pris la route en destination de la Thessalie pour y retrouver la famille, si ce n’est que brièvement. En passant naturellement le plus souvent par les vieilles nationales, celles que Séféris avait jadis emprunté jusqu’à son ultime voyage en mai 1971 en ces hauts lieux de la Grèce centrale, près de quatre mois avant son décès. Les vieilles nationales donc, histoire de rencontrer le pays réel et ses paysages, tout en évitant si possible les péages... de la modernité.

Lion en souvenir de la bataille de Chéronée en 338 av. J.-C. Mai 2020

Le pays réel et son passé. Béotie, mai 2020

Visit Greece. Journal de Séféris, 14 mai 1970

Ce pays est pourtant largement délaissé, même non loin d’Athènes. Premier jour du déconfinement, la circulation automobile est perceptible, sans être forcément dense. En quittant les grands axes autoroutiers, les vieilles nationales sont d’ailleurs quasi-vides. Sur le site archéologique de Chéronée, localité de Béotie située entre la Phocide et l’Attique, le petit musée reste toujours fermé ; devant son célèbre lion il n’y a pas un chat. En raison de sa position stratégique, Chéronée fut le théâtre de nombreuses batailles. En 447 av. J.-C., Athènes prend la cité avant d’être vaincue par Thèbes à Coronée. En 338, Philippe II de Macédoine y remporte la victoire sur une coalition formée par les cités grecques du sud comprenant Athènes et Thèbes sous la houlette de Démosthène. En 245, la Ligue étolienne y affronte la coalition des Béotiens. Plus tard, en 86 av. J.-C., le Romain Sylla y défait les armées de Mithridate VI, roi du Pont.

Ainsi, encore aujourd’hui, à gauche de la route et sur l’entrée du village en arrivant par le sud, on aperçoit le grand lion de marbre, statue colossale de plus de 5 mètres de haut sur la sépulture des soldats du Bataillon sacré de Thèbes tombés au combat. Et quant à Démosthène, il se réfugie en 322 av. J.-C. à l’intérieur du temple de Poséidon dans l’île de Calavría, l’actuelle île de Póros, traqué par Antipater, le glorieux général de Philippe II puis d’Alexandre le Grand. D’après Plutarque, Démosthène s’empoisonne en mordillant l’extrémité de son calame, comme il avait l’habitude de le faire en réfléchissant.

Chéronée, de 2020 cette fois, est un village de passage que l’on croirait même dépassé à jamais. Les automobilistes ne s’y arrêtent guère, ou sinon seulement pour quelques minutes. De nombreuses habitations sont fermées, de même que les commerces, restaurants et cafés ayant connu leur heure de gloire du temps disons de Séféris.

Lieux et alors toujours passages mais parfois laborieux sur ces routes étroites, comme lors du transport spécial des éoliennes, foutaises pseudo-écologiques que la gouvernance actuelle des Mitsotakiéns impose un peu partout en Grèce sans la moindre consultation, en dépit des supposées règlementations pour ce qui est par exemple des parcs naturels.

Chéronée. Mai 2020

Éoliennes en transport exceptionnel. Béotie, mai 2020

La répression à Tinos. Presse grecque du 20 mai 2020

La répression à Tinos. Presse grecque du 20 mai 2020

C’est dans cette partie du jeu appelé déconfinement des assujettis, que les forces de l’ordre ont été encore dépêchées sur Tinos, la belle Cyclade, pour tabasser les habitants ainsi que leurs élus locaux qui s’opposent aux éoliennes. D’après le reportage de la presse grecque, les unités de la Police y escortaient les engins de terrassement devant la colère et les barrages des habitants. En février dernier à Lesbos et Chios cette même Police devenue prétorienne avait escorté mais cette fois sans succès, les engins de terrassement pour y bâtir des campements-villes pour les envahisseurs dépêchés par la Turquie avec l’aimable collaboration des mafieux des ONG et de l’ONU comme des autres passeurs alors trafiquants d’hommes, officieux, officiels et assimilés. Vent certainement mauvais au pays visitable, sauf que les lois dites sanitaires servent de prétexte supplémentaire et alors commode pour réprimer les Grecs à chaque occasion.

Passages toujours difficiles sur ces belles routes étroites que le poète avait tant fréquentées en cette Grèce Centrale, bien souvent aux alentours de Delphes. “Mercredi 5 février 1964. La journée absolue. Descendus à Itéa, nous avons emprunté cette route en lacets qui mène à Desphína durant une demi-heure. Belle route asphaltée, le village est admirable, grand village alors à la manière d’Aráhova. Les habitants semblent ici heureux, ils ne se plaignent guère. Je suis chanceux de me trouver sur cette terre, celle que Makriyánnis avait jadis tant parcourue. J’ai demandé où trouver l’église d’Ágios Ioánnis, c’est dans cette église justement que Makriyánnis avait conclu son accord avec le Saint. Ils m’ont dit qu’il y a plutôt le monastère d’Ágios Ioánnis mais pour s’y rendre, il faut alors emprunter un chemin de terre”, “Journal” de Yórgos Seféris, 1964-1971 sur les traces du passé et de Makriyánnis, ce Grec illustre, un des plus authentiques héros de la Guerre d’indépendance pour libérer le pays du joug ottoman.

Le cimetière militaire britannique des années 1917-1918. Brálos, mai 2020

Dépassant Chéronée en direction du nord, la vielle nationale amène à Brálos, bourgade située à la frontière de la Phthiotide. Le visiteur curieux et qui marquera une pause bien méritée, y découvrira en ces lieux un cimetière militaire britannique, aménagé en 1917 sous le Mont Parnasse. Sur ce front balkanique de la Première Guerre mondiale, les Alliés, Français, Russes, Serbes, Grecs de Venizélos, Italiens et Britanniques opéraient non loin de Thessalonique ayant comme principale voie de communication et dans un premier temps, le port de la ville.

Notons que la Grèce des années 1916-1917 est divisée en trois parties. Au sud, la zone dépendant du gouvernement royal dit d’Athènes, seul reconnu internationalement; au nord, le territoire du gouvernement provisoire en Macédoine et en Épire avec pour capitale Thessalonique et entre les deux, une zone neutre contrôlée par les forces alliées. En juin 1917, le nouveau représentant de l’Entente, Charles Jonnart, remet au Premier ministre Aléxandros Zaḯmis un ultimatum exigeant l’abdication de Constantin Ier. C’est alors une forme de Putsch des... démocrates, le roi laisse alors le trône à son deuxième fils Alexandre Ier, et s’exile en Suisse avec le reste de sa famille. La Grèce est alors réunifiée de force... sous le gouvernement de Venizélos contrôlé par les gouvernements de l’Entente et qui déclare désormais officiellement la guerre à l’Allemagne et à ses alliés.

Seulement, vers la fin de 1917 et en raison de l’activité des sous-marins allemands en Méditerranée, les lignes de communication de Thessalonique ont été détournées pour passer alors non loin du village de Brálos. Les sources historiques disponibles dont les carnets personnels des soldats du moment, confirment l’existence d’un premier bureau télégraphique à seulement 5 km du village. Ensuite, le 49ème Hôpital militaire britannique y avait été transféré, tandis que plusieurs camps de repos ont également été installés à proximité.

Il faut préciser que la seule alternative pour le transport des troupes et du matériel pour l’Entente depuis Tarente en Italie passait alors par le golfe de Corinthe, puis, par le port d’Itéa et de là, l’acheminement se faisait par camion jusqu’à la gare de Brálos et ensuite par le train jusqu’à Thessalonique. Notons que la route avait été construite à cette occasion par les unités du génie français et britannique avec le concours... un peu obligé des habitants.

Campements de repos de l'Armée britannique. Brálos 1917

Le cimetière britannique à Brálos. L'emplacement en mai 2020

Tombe au cimetière britannique. Brálos mai 2020

Cette nouvelle situation a entraîné le rassemblement... de nos jours on dirait le confinement, d’un grand nombre de soldats dans les deux bourgades Itéa et Brálos, d’où naturellement le besoin autant de soins médicaux. Tandis que l’hôpital militaire français a été fixé à Itéa, un premier dispensaire britannique fut établi à Brálos, ayant ainsi précédé l’installation du 49ème Hôpital militaire.

Pour les besoins de l’hôpital, le cimetière militaire de Brálos fut à son tour aménagé en octobre 1917 pour être utilisé jusqu’en avril 1919. Il contient cent-deux tombes et pour ce qui est des soldats qu’y reposent, ils ont été essentiellement victimes de l’épidémie de la grippe dite espagnole, identifiée plus tard comme étant une souche H1N1 sévissant entre 1918 et 1920 et provoquant plus de 40 millions de décès rien que sur le Vieux Continent, dont ces pauvres soldats... demeurés à Brálos. Sur les cent-deux militaires qui reposent ainsi sous le Parnasse, quatre-vingt-quinze proviennent du Commonwealth britannique dont deux Maltais et il y a encore six Russes et un Bulgare.

Église à Chéronée. Mai 2020

Tombe russe au cimetière britannique. Brálos mai 2020

Histoire toujours de la même période car cette semaine une certaine Grèce ou plutôt une Grèce certaine, a commémoré le génocide des Grecs Pontiques par les Turcs, pendant et après la Première Guerre mondiale. “Le génocide grec est l’assassinat systématique de 350.000 grecs sous domination ottomane perpétré en Anatolie pendant la Première Guerre mondiale et après 1914-1923 en raison de leur religion orthodoxe et de leur appartenance ethnique. Le génocide grec pontique s’inscrit dans le mouvement génocidaire initié par l’Empire Ottoman sur les populations assyriennes et arméniennes.”

“Ce génocide est initié par le gouvernement de l’Empire ottoman et le mouvement national turc contre la population indigène grecque de l’Empire et comprend des massacres, des déportations forcées impliquant des marches de la mort, des noyades de masse, des exécutions sommaires, des exécutions arbitraires et la destruction de monuments culturels, historiques et religieux. La plupart des survivants fuient vers la Grèce, ce qui représente plus d’un quart de la population grecque continentale, ou dans l’Empire Russe voisin.”

Le génocide des Grecs pontiques. Internet grec

La mémoire des 353.000 victimes de la barbarie historique turque a été évoquée en Grèce comme chaque année le 19 mai. Sur la Place Sýntagma à Athènes et devant la tombe du Soldat inconnu, ceux des associations des Pontiques ainsi que les Gardes Evzones en tenue traditionnelle des Grecs du Pont ont donné le ton au pays qui n’oublie pas, devant celui des... éternels amnésiques. Parmi ces derniers, Mitsotákis, la marionnette xénocrate fidèle à lui-même, à Sóros et à la novlangue des politiciens métastasés, a cru bon dans son message officiel, d’évoquer la mémoire des Pontiques sans utiliser une seule fois le mot Turquie. Comme si, les Grecs du Pont avaient été ainsi massacrés par des extraterrestres. Le pays réel à l’instar de mes amis de Chios, en déduit parfois volontiers “que la famille des Mitsotákis aurait vendu la Grèce et ses îles aux envahisseurs car elle y trouverait disons certains intérêts économiques propres, ou qu’elle recevrait tout simplement des ordres allant dans ce sens par les maîtres fous de la modélisation géopolitique ambiante”. D’où d’ailleurs ce “lissage” langagier déjà au sujet de l’ensemble des thèmes nationaux de la part des politiciens, l’immigrationnisme compris.

Mémoire du génocide des Grecs pontiques. Athènes, 19 mai 2020, presse grecque

Mémoire du génocide des Grecs pontiques. Athènes, 19 mai 2020, presse grecque

La vérité historique et géopolitique et pourtant largement établie. “La Turquie n’a jamais renoncé, au cours du XXe siècle, à l’attitude belliciste qu’elle assume désormais ouvertement. Seuls les Européens l’ont oublié, et peuvent croire qu’on arrêtera Erdogan par la bienveillance, argumente l’historien et théologien”, rappelle l’historien et théologien Jean-François Colosimo dans un article publié en France en mars 2020.

“À force de médiocres calculs sur un siècle de son existence, il nous est ainsi devenu naturel de juger la Turquie incompréhensible, puis ordinaire d’en subir les diktats. Aujourd’hui encore, nous refusons de voir avec quelle symétrie elle s’applique à transgresser les frontières au Levant et à agresser l’Union européenne à ses frontières. Nous préférons ignorer qu’user des migrants comme une troupe d’appoint en les faisant passer du statut d’otages au rang de supplétifs et en les convoyant massivement vers l’Ouest ne suppose pas moins une logique d’affrontement qu’intervenir à l’Est en y transportant des blindés pour asseoir un projet d’annexion.”

“Il est bien une invariance chez notre voisin qui, de Lépante en 1571 aux Dardanelles en 1915 en passant par Vienne en 1529 puis en 1683, n’aura cessé d’être notre rival. À rebours du modèle de tolérance qu’a mythifié l’irénisme contemporain, l’instrumentalisation des peuples à l’intérieur et le chantage au massacre ou à la déportation de ces mêmes populations face à l’extérieur, autrement dit l’emploi indifférencié du matériau humain à fin d’hégémonie politique, lui ont été une pratique constante. Sautant par-dessus les âges et les régimes, elle s’est étendue de la construction ottomane à la reconstruction turque et a prévalu sous Atatürk comme elle vaut sous Erdogan.”

“L’exécution puis la négation du génocide commis contre les Arméniens par la mouvance des officiers progressistes en 1915, qui faisait suite aux massacres perpétrés par le sultan réactionnaire Abdülhamid en 1894 et dont la reconnaissance est encore punie par une loi parlementaire en 2020, illustre abyssalement cette permanence. Sur la déportation des Grecs d’Asie mineure, les campagnes de bombardement à répétition du pays kurde, l’enchaînement des cinq putschs militaires en cinquante ans, les prisons incessamment remplies d’opposants, mais aussi l’annexion d’une partie du littoral syrien en 1939, l’invasion de Chypre en 1974, l’ambition panturque puis panislamique: de notre bouche cousue ne sont sorties que de vagues protestations.”

En Grèce Centrale. Mai 2020

Histoire en miettes. Béotie, mai 2020

Restaurant en ruine. Grèce Centrale, mai 2020

Des vielles nations alors aux vieilles nationales, histoire de rencontrer le pays réel, ses paysages comme sa mémoire. Le poète Séféris avait rendu un dernier hommage en ces lieux, à la fois à Delphes et autant à Makriyánnis, c’était en mai 1971, quand il accompagnait Anne Philipe. La philosophe, ethnologue, cinéaste et écrivain d’origine belge qui fut l’épouse de Gérard Philipe, avait déjà rencontré Yórgos et Maró Séféris à Paris en décembre 1970 puis s’était rendue à Athènes où elle avait réalisé une longue interview de Séféris, publiée dans Le Monde en août 1971, un mois avant la mort du poète.

“Mai 1971. Ce cahier, célèbre en son temps, fut acquis à Alexandrie le 11 mars, 1944. Maintenant affectueuse pensée, pour Anne Philipe, l’Amie, qui nous mena en novembre dernier chez Vercors”, note Séféris dans son “Journal”. Il s’agit de l’avant-dernière écriture dans son carnet, clos en mai 1971, où il faisait précisément mention de sa visite à Paris. Le poète avait rencontré Vercors, Jean Bruller de son vrai nom, écrivain et co-fondateur avec Pierre Lescure des Éditions de Minuit, son œuvre la plus célèbre est comme on le sait “Le Silence de la mer”, publiée clandestinement en 1942.

Nous ne savons pas quel cahier, livre en somme, était celui que le poète avait offert à Anne Philipe. Mystère. Sans doute un livre rare, à l’image de “La vie des dames galantes”, édité à Paris en 1874, écrit par Pierre de Bourdeilles, dit Brantôme, vers 1537 - 1614, abbé commendataire de l'abbaye de Brantôme et seigneur de Saint-Crépin de Richemont, militaire et écrivain bien de son temps. Séféris avait également copié dans son journal cet extrait relatant une coutume de l’île de Chios au sujet des femmes veuves ne désirant pas se remarier.

“Telles femmes veuves seroient bonnes à l’isle de Chio, la plus belle isle et gentille et plaisante du Levant, jadis possédée des Génois, et depuis trente-cinq ans, usurpée par les Turcs - 1566 - dont c’est un grand dommage et perte pour la chrestienté. En cette isle donc, comme je tiens, d’aucuns marchands génois, la coustume est que si une femme veut demeurer en viduité, sans aucun propos de se remarier, le seigneur la contraint de payer un certain prix d’argent, qu’ils appellent argomoniatiquo, qui vaut autant dire c... reposé et inutile.” [Αργομουνιάτικα] “Je leur ay demandé sur quoy cette coustume pouvait être fondée: Ils me respondirent que pour tousjours mieux repeupler l'isle”, orthographe légèrement actualisée, “Journal” de Séféris, 6 décembre 1969.

Yórgos Séféris et Anne Philipe. Grèce Centrale, mai 1971

Chat... éternel de l'île de Póros. Mai 2020

Loin du Péloponnèse comme de Póros, la plaine de la Thessalie apparait souvent sous la brume, en descente après avoir quitté les dernières montagnes de la Grèce Centrale.

“Visit Greece to learn the Truth”, la famille en Thessalie se porte comme elle peut, les enfants ne sont pas encore tous retournés à l’école et certains des parents ont déjà perdu leurs emplois. Il y a pourtant la terre, elle est de plus en plus cultivée pour les besoins des familles et c’est visiblement le moment de gloire des jardins potagers.

La plaine de la Thessalie. Mai 2020

Le moment de gloire des jardins potagers. Thessalie, mai 2020

Le déconfinement grec est en phase d’être total, le pays se déplace alors comme il peut, chez lui, autant qu’à travers l’histoire.

Mitsotákis, dans son allocution télévisée du 20 mai largement consacrée au tourisme, a décrété son redémarrage sûr et certain. “Notre arme c’est le passeport de la sécurité, de la fiabilité et de la santé que notre pays a gagné. D’où sa grande renommée. C’est le bouclier sanitaire en chaque lieu d’hospitalité. Et bien sûr, c’est cette passion des Grecs, toujours inspirée par Xénios Zeus”, presse grecque du 20 mai.

Nous voilà rassurés, Xénios Zeus protecteur des hôtes et garant des règles de l’hospitalité. Pays aux Touristes tant espérés et qui devront à l’instar des Grecs, suivre si possible les règles du... nouveau recul social, après avoir été entassés dans les avions.

Visitez la Grèce pour apprendre la vérité !
Visitez la Grèce pour apprendre la vérité ! Péloponnèse, mai 2020


* Photo de couverture: L'île de Póros depuis le petit bateau navette. Mai 2020

No comments

Post a comment

The team of "Greek Crisis" respect all opinions, but
reserves the right not to publish offensive comments.