Sunday, 26 July 2020

Balance sheet
Bilan



Juillet sur sa fin et c’est dès lors un temps de bilan. Votre humble blog pourrait même s’éclipser pour quelques jours durant le mois d’août, non pas en vacances comme on dit, mais plutôt dans une courte mise en veille, au temps des veilleuses déjà du siècle. Réflexion et alors retrait, les livres sous le bras, le crayon à la main. Bilan ainsi à grands traits.

Vacanciers de l'été plein. Péloponnèse, juillet 2020

Les vacanciers de l’été plein sont de retour, s’agissant presque des aoutiens, sauf qu’au pays ébréché bien avant la Covidictature, la saison sera surtout courte. Les jeunes croient s’amuser aux rythmes désossés d’une musique méta-tonique, quand les moins jeunes se disent à leur tour que l’été vaut la peine d’être vécu, au besoin, rien que pour ses apparences.

D’ailleurs des apparences aux apparatchiks il n’y a qu’un pas, en tout cas phonétique, voire, sémantique. Aux tavernes balnéaires qui se remplissent enfin, plus un mot de politique pourtant. Les frites se mangent chaudes et les partis politiques actuelles, refroidis et cadavériques depuis plus de dix ans ne conviennent même plus aux croque-morts.

Leurs cadavres seulement ils bougent et ils agissent toujours, tel un théâtre hors sol incarné par des vampires qui se nourrissent alors du sang des spectateurs obligés, à savoir le peuple. Dans les cafés et les tavernes on fait encore semblant de ne pas voir, pour ne pas dire que certains Grecs ne voient plus grand-chose.

Mitsotákis et Tsípras à la fête... des vampires. Athènes, le 24 juillet

Notopoúlou à la fête... des vampires. Athènes, le 24 juillet

Au soir du 24 juillet, le régime des vampires a même osé fêter le prétendu “retour de la démocratie”, cette pantomime organisée au Palais présidentiel dure depuis le 24 juillet 1975, sauf qu’elle a trop duré pour n’inspirer que de la haine car en Grèce, on n’a même plus envie d’en rire.

Dans la version 2020 de l’aversion, les criminels et autres mafieux systémiques se sont ostensiblement montrés vêtus ce costume du canular final, et d’ailleurs sans masque. Le port du masque obligatoire c’est ainsi pour les moutons, faisant leurs courses au supermarché du coin ou se frottant au réel dans le métro.

Outre les ministrions passés comme présents, la presse mainstream, à défaut d’autre mesure passable, elle s’est mise à publier les photos des bimbos de gauche comme de droite, depuis “la fête de la démocratie” à l’image de Notopoúlou, symbole parmi les symboles dans cette pornographie politique, elle avait été ministre du temps de Tsipras aux supposées commandes.

La caste des mafieux historiques du pays prétend ainsi célébrer le retour du vieux Karamanlís à Athènes, au soir du 24 juillet 1974 et de ce fait, le passage de la dictature des colonels... à la démocratie du collapse. Pendant ce temps, la Turquie piétinait Chypre et le dernier des militaires, Ioannídis, était à sa grande surprise et autant colère, jeté aux orties, après avoir accompli le rôle lequel lui avait été attribué par Kissinger et par ses grands maîtres. Il n’y a pas eu chute des Colonels et encore moins révolte populaire, mais plutôt une programmation, faisant revenir Karamanlís pour accomplir et alors parfaire le même crime, tout en préparant les suivants.

Soldats su 361ème bataillon à Chypre en 1974

Soldats su 361ème bataillon à Chypre en 1974

Pendant ce temps, les hommes du 361ème bataillon d’infanterie de l’armée grecque à Chypre se battaient comme ils le pouvaient. Ils ont pu tenir, du 21 juillet au 14 août, trahis comme le reste des troupes face à un ennemi dix fois plus nombreux. Les renforts ne sont jamais arrivés, Ioannídis quand il a enfin donné l’ordre de soutenir Chypre il est alors tombé sur l’apraxie des généraux, ces derniers obéissaient d’abord à la main invisible de Kissinger et de Londres, l’histoire était ainsi encore une fois faite de toutes pièces... rapportées.

Karamanlís... téléchargé de la sorte depuis Paris n’incarnait que la suite du programme, le peuple faisant déjà la fête de la “transition” dans Athènes, mais au fond, le régime n’avait guère changé. Karamanlís s’est empressé de déclarer que “Chypre c’est loin pour intervenir”, laissant l’armée de l’envahisseur turc avancer, jusque à la ligne tracée sur la carte, là où très exactement c’était déjà affaire conclue ailleurs et depuis longtemps.

Le bilan est lourd, il devient même entièrement perceptible en ce 2020, mieux que du temps où les vampires de la nation nous bernaient jusqu’à la prochaine grande rechute pour laquelle, ils ont toujours été les complices. En ce 24 juillet, nous ne célébrons donc pas la “restauration de la République” et encore moins “le retour de la démocratie”, ce que le système a depuis imposé dans sa novlangue sous la désignation de “Metapolítefsi”. Ceux qui célèbrent ce triste moment, honorent alors l’arrivée programmée de Karamanlís... le sourd, et surtout, son assermentation réitérée devant la junte de l'OTAN comme devant celle des autres maîtres-fous, agissant sous le tapis de l’histoire.

Car aux premières heures du 24 juillet 1974, c’est tout juste l’équipe de nuit de l’histoire grecque qui s’est trouvée remplacée. La mission est restée inchangée, le “travail” d’abord à Chypre devait surtout s’accomplir et la dépendance du pays, pour ne pas dire la xénocratie, elle devait alors se poursuivre. Ainsi, cette pseudo-élite grecque au psoriasis éthique avancé, elle a continué la collecte des commissions, tout comme des autres avantages et subsides. Des cendres et du sang de la dernière trahison de Chypre, ils ont alors surgi, la Nouvelle Démocratie de Karamanlis, le PASOK de Papandréou, sans oublier le grand reste des traîtres intemporels à gauche comme à droite.

C’est alors sous Karamanlís, que les Turcs, ayant déjà réussi du 20 au 24 juillet 1974 à envoyer environ 6000 soldats à Chypre, parachutistes compris, ont-ils été “autorisés” à déclencher l’opération Attila-II, pour transporter et débarquer à Chypre 20000 hommes et près de 100 chars. Athènes, prônant “l’intérêt allié”, appliqua strictement la trêve et n'envoya même pas un demi-soldat à Chypre, tandis que les sous-marins grecs surveillaient pourtant les navires turcs, transportant troupes et ravitaillement.

Soldats su 361ème bataillon à Chypre en 1974

Soldats su 361ème bataillon à Chypre en 1974

La prétendue “Troisième république grecque” a commencé son cycle de vie en juillet 1974 avec la trahison finale de Chypre et a clôturé son existence avec la trahison ultime de la capitulation devant la junte internationale des “investisseurs”, de l’UE-Allemagne et du FMI en mai 2010.

Ainsi, après “l’investisseur Attila”, est venu le temps du gouvernement mondialiste des riches banquiers et assimilés. Après Chypre, la Grèce a été attaquée par le biais des mémorandums dans le but de son asservissement complet ainsi que de l’extermination des Grecs. Tout a commencé par leur anéantissement économique, social et culturel et il se termine, d’après la même programmation, par la colonisation illégale par les migrants musulmans instrumentalisés par Erdogan autant que par la livraison finale de la souveraineté grecque aux mêmes rapaces.

En ce juillet alors sur sa fin, la Turquie menace, tandis que les épigones chez les vampires, en somme, le plus souvent leurs enfants biologiques à l’instar des Mitsotákis, nous disent ainsi ouvertement “qu’il va falloir partager avec la Turquie, en mer Égée et au besoin au sujet de l’île de Kastelórizo”, Dora Bakoyánnis, sœur de Mitsotákis par exemple. Sauf qu’à Thessalonique, des affiches bien de la nuit comme autant de la nuit des temps grecs, rappellent alors aux passants que Kastelórizo n’est pas loin de la Grèce, car Kastelórizo c’est la Grèce.

Kastelórizo c'est la Grèce. Thessalonique, presse locale, juillet 2020

Le bilan est lourd, il devient aussi grotesque. Les Turcs demandent même quasi-officiellement, que la mer Égée puisse être rebaptisée “Anatolie de l’Ouest”, étant donné que le nom Égée lui a été attribué durant l’antiquité grecque, presse du 24 juillet. Après l’affaire de la Sainte-Sophie, la moindre des choses aurait été que la Grèce intervienne auprès des autres nations de l’Europe comme du monde pour que la réaction se traduise en signes concrets, déjà, les relations diplomatiques avec la Turquie devaient être à l’occasion rompues. On est loin du compte... par ce 24 juillet 2020 sous les vampires.

Car ne nous y trompons pas. Le pays du grand bleu n’est qu’un “cas d’école” du sort dit réservé mais réversible partout ailleurs en Europe et même dans le monde. Au sein de la dite Union européenne surtout, les vampires dansent et les peuples ont de plus en plus le sentiment que les criminels et autres mafieux aux commandes, se montrent également et davantage, sous le costume du canular final, d’ailleurs sans masque.

Déjà donc le temps d’un certain bilan. Votre humble blog ira s’éclipser pour quelques jours durant le mois d’août, ceci dans une courte mais alors nécessaire mise en veille, les livres sous le bras. Hermès et Mimi seront de la partie, nous passerons alors le cap.

Si vous le pouvez, soutenez-nous également durant cette période.

Mimi de greekcrisis. Juillet 2020


* Photo de couverture: Pays du grand bleu. Péloponnèse, juillet 2020