Wednesday, 12 August 2020

About the disappearance of oracles
De la disparition des oracles



Nos touristes nous quittent... les Turcs se pointent à l’horizon. Le flop de la saison touristique 2020 se précise et se confirme. Comme on n’en avait guère besoin, c’est au gré des mesures décrétées à la hâte région après région, que les visiteurs étrangers autant que les vacanciers Grecs, plient alors bagages et banderoles. Situation qui prévaut entre autres sur le terrain en plein... plateau territorial de l’île de Póros, désormais cas d’école déjà évoqué sur ce blog. Plus de trente cas officiels de porteurs asymptomatiques du COVID-19 y ont été détectés et en réalité bien davantage, donc sauve qui peut. Sauf qu’il y a beaucoup plus grave...

Le navire turc Oruc Reis. Presse grecque, août 2020

La presse très officielle et très mainstream grecque, à l’instar de l’ERT, présente tout juste les derniers développements dans l’agressivité historique turque en mer Égée et en Méditerranée depuis juillet dernier, comme s’il s’agissait d’une triviale facture à payer, pour ne pas dire déjà acquittée.

“Le ministère grec des Affaires étrangères a envoyé un message clair à la Turquie pour mettre fin immédiatement aux actions illégales qui violent nos droits souverains, après qu’un NAVTEX a bloqué des zones du plateau continental grec jusqu’au 2 août, au sud-est de Kastelórizo, afin de mener à bien levés sismiques avec le navire Oruc Reis. Les forces armées ont été alertées et les navires de guerre grecs se sont précipités dans la région, tandis que le Premier ministre, Kyriákos Mitsotákis, a souligné que la Grèce suivait les développements avec confiance et une disponibilité absolue, notant que l’imposition de sanctions européennes contre la Turquie sont en sens unique.”

“L’ambassade de Grèce à Ankara a déjà protesté auprès du ministère turc des Affaires étrangères, tandis que nos autorités ont déjà soulevé la question au sein de l’UE, de l’OTAN et de l’ONU. Dans le même temps, le porte-parole du département d’État a appelé la Turquie à mettre fin aux projets d’activités de recherche en Méditerranée orientale.”

Forces navales grecques. Presse locale, Péloponnèse, août 2020

Ainsi, entre le 10 et le 12 août, le navire Oruc Reis avait bel et bien pénétré certaines zones du plateau continental grec “pour y déployer certes ses câbles mais sans faire de la prospection pétrolière”, d’après la même presse aux ordres. Les forces armées et navales grecques sont toujours mobilisées et déployées, mais comme le Oruc Reis vient de changer de cap... tout pourrait alors aller mieux.

Ailleurs pourtant, on n’a plus la langue dans sa poche. “Pour ne pas tourner autour du pot historique, la culture, tout comme la pratique de la Turquie d’abord Mongole dans ses origines géographiques, a toujours été celle de la conquête, du massacre et da la guerre, au détriment bien entendu des peuples autochtones, entre autres, Arabes, Kurdes et Grecs. Et ceci, depuis que ce peuple a fait son apparition dans la région, il y a alors mille ans. Il y a même, pour ne rien le cacher, une incitation géopolitique très actuelle pour agir de la sorte. Car toute cette agressivité nationaliste exacerbée et autant islamo-totalitaire, dont fait preuve la Turquie actuelle alors sans limites, est également motivée par l’occupation et l’oppression exécrées sur les vingt à vingt-cinq millions de Kurdes, au dynamisme démographique qui dépasse déjà largement celui de la population turque.

Ceci explique en partie cela, le problème reste pourtant entier dans la mesure où en ce moment et bien au-delà des gesticulations des élites islamistes de la Turquie, une partie de la population croit hélas que la Grèce occupe illégalement en mer Égée plusieurs îles prétendument turques et ainsi de suite. Donc, il faut autant faire face à cette réalité, car la propagande est souvent motrice de l’histoire. De ce point de vue, Erdogan est sans aucune exagération ce nouvel Hitler en Méditerranée orientale”, Yórgos Karambélias, radio 90.1 FM, émission de Lámbros Kalarrýtis du 11 août, cité de mémoire.

Le menu... traditionnel du moment est lourd à gober. On nous dira peut-être que toutes les conditions sont réunies pour que les touristes quittent Póros et que le COVID-19 est la plus dramatique des calamités que connait le pays et d’abord les restaurateurs et les hôteliers de Póros. Au même moment, les municipalités proches ferment déjà leurs aires de jeu pour enfant, nous voilà... rassurés, quand très officiellement et par voie de communiqué, on apprend que l’adjoint au maire de la municipalité voisine de Trizinía - Méthana est désormais et à son tour, un cas asymptomatique... de notre temps lourd si présent.

Póros, île désertée par ses vacanciers. Presse grecque, août 2020

Le menu... traditionnel. Péloponnèse, août 2020

Aire de jeu pour enfant fermée pour cause de COVID-19. Péloponnèse, août 2020

Restent pourtant tous les autres cas, ceux-là fort bien symptomatiques du système politique “grec”. Ce système qui tourne en rond depuis au moins près de vingt ans, fait alors de tout son possible afin de promouvoir le prétendu “compromis”, à savoir, comme l’indiquent autant Berlin et Bruxelles, “trouver un accord avec la Turquie au besoin en passant par les tribunaux internationaux”. Il s’agit pourtant que d’appliquer le droit international existant et ainsi défendre son espace et son territoire, au besoin par les armes, puisque la Turquie historique n’a jamais compris d’autre langage que celui de la force. Le géopoliticien et enseignant à l’École militaire à Athènes Konstantínos Grívas, n’a plus la langue dans sa poche non plus. “Il n’y a rien à discuter avec la Turquie, tout est déjà dit dans l‘application des conventions internationales, entre autres et notamment en termes de droit maritime. Nous avons toute la force nécessaire pour réagir de manière efficace et dynamique à l’agression turque, sauf qu’au cœur même du système politique grec il y a bel et bien et ceci depuis des années, une cinquième colonne turque, voire, une cinquième colonne qui agit de la sorte se mettant au solde des services d’autres pays étrangers... et alors là, il y a désormais urgence, il va falloir faire quelque chose.

Dans un reportage disons parallèle, une rare partie de la presse grecque évoque ceux du PASOK de Simítis, entre autres politiciens, juges, universitaires et experts à la sauce Sóros, tous recyclés au sein du cabinet de l’actuel Mitsotákis et pour cause. D’abord, il y a la juge Sorite et apatride patentée, Sakellaropoúlou, cooptée pour être l’actuelle Présidente de la République, cooptée il faut précisé à la fois par Tsípras et par Mitsotákis, et en réalité par Sóros, par Berlin et par Bruxelles. La liste est bien longue, Stournáras à la prétendue Banque de Grèce, celle des Rothschild, les turcolâtres avérés du Think Tank à l’audience Sorite ELIAMEP, Dókos, Rozákis et Apostolídis au Ministère des étranges affaires étrangères et au cabinet du Premier ministre, Masourákis au FMI, Theodorikákos et Livánios, tous anciens experts auprès du cabinet Simítis, tout comme Alivizátos, Stángos et tant d’autres.

Ces noms ne disent certes pas grand-chose au lecteur francophone, ils sont pourtant mentionnés, non pas pour alourdir la lecture du blog, mais plutôt, pour faire comprendre que derrière les partis politiques de pure façade, se cachent et alors circulent en se moquant des apparences, tous ces individus mandatés par le pouvoir occulte et fondamentalement conspirationniste des “élus” jamais élus, lorsqu’ils ne sont pas en même temps les agents des puissances étrangères, qui plus est, ennemies.

Il faut naturellement inscrire sur cette liste le nom de Bakoyánnis, le maire d’Athènes et fils de Dora Mitsotákis, un collectif issu des Grecs habitant le centre-ville, vient de l’assigner devant le tribunal compétant, pour ses faits et gestes favorisant et organisant même l’islamisation de la ville, toute la grande presse a ignoré la nouvelle, contrairement aux petits médias.

Póros, île désormais désertée. Juillet 2020

Ancienne aire de battage. Póros, juillet 2020

Pays en ébullition ? Outre l’actualité imposée, celle du COVID-19, on entend ici ou là dans les cafés du pays réel que les présumés traîtres de la cinquième colonne turque, allemande et Sorite, seraient dans le désordre et à titre d’exemple les Syrizo-gauchistes et assimilés “Tsípras, Papadimoúlis, Doúrou et Varoufákis, et du côté Mitsotako-PASÓKien, Mitsotákis, Dora Bakoyánnis, Déndias au Ministère des Affaires étrangères”, ce dernier avait autant été l’avocat des intérêts des Rothschild en Grèce, en plus de tous les autres noms cités plus haut bien entendu. Le très... bas peuple alors préconise la sentence qui lui semble alors adéquate à la situation actuelle, “ces gens il faut les fusiller”. Ah... le populisme, comme le dirait en France la grande “Pravda” du soir.

Bien en son temps pas si lointain, notre poète Yórgos Séféris copiait dans son journal à la date du 18 septembre 1961, cet extrait de l’œuvre Plutarque, évoquant la mort du dieu Pan, vécue de manière très choquante, divinité comme on sait des bergers et des troupeaux.

C’est dans la “Disparition des oracles” ; une histoire dont le contexte est à replacer dans celui de l’Empire romain signifiant la fin, si ce n’est que d’une partie, du monde antique. C’est l’épisode dont le héros, est un capitaine égyptien d’un navire en route vers l’Italie. Alors qu’il naviguait au large de l’île de Páxos près de Corfou, il entend alors des voix l’appelant par son nom, Thamoús. Celles-ci lui demandent lorsqu’il serait à la hauteur de Palódes, de crier haut et fort: “Le grand Pan est mort.” Naturellement, sitôt cette annonce faite, tous les passagers du bateau sont glacés d’effroi.

Comme ils se sont consultés entre eux pour savoir s’il valait mieux obéir à cet ordre ou ne pas en tenir compte et ainsi passer outre, Thamoús décide alors que, si le vent souffle, il passerait le long du rivage restant muet, mais que, s’il n’y a pas de vent et que le calme règne à l’endroit indiqué, il va finalement répéter la phrase suggérée. Ainsi, une fois arrivés à la hauteur de Palódes et sans le moindre souffle d’air ni vague, Thamoús, installé à la poupe de son navire et tourné vers la terre a bien proféré les paroles entendues: “Le grand Pan est mort.” Et alors, à peine avait-il fini sa phrase, qu’un grand sanglot mêlé de cris de surprise s’est élevé, poussé par ses passagers. La fin d’un monde.

Dieu Pan

Bien en notre temps si COVIDien, on veut nous faire admettre que notre dieu Pan à nous tous, celui de la nature et de la proximité est désormais mort par le coronavirus de l’ultime mondialisation tardive, et que surtout, en tout état de cause, nous devons nous accommoder de l'état actuel des choses. C’est alors ainsi que les touristes ont fui l’île de Póros, et que les récentes mesures grecques exigent des voyageurs... aéroportés depuis l’Espagne, la Suède, la République Tchèque et la Belgique, que de monter d’emblée, un test COVID-19 PCR négatif s’ils veulent être admis sur le territoire grec, ceci à partir du 17 août.

Sauf qu’il a des précisons et surtout des exceptions. La compagnie aérienne grecque Aegean, informe ses passagers ressortissants grecs empruntant ses vols entre Bruxelles et Athènes, que les... sujets du pays d’Hippocrate en sont exemptés et lorsqu’on cherche un peu mieux, on découvre alors que les diplomates, les eurocrates, les ONUSiens et autres NATOïstes, les ONGistes, ainsi que les migrants clandestins potentiellement expulsables vers la Grèce le sont également. Une fois de plus, la liste est longue, le ministrion grec Hardaliás, précise de son côté que les enfants de moins de dix en sont autant exemptés du dépistage. Donc le COVID-19 ne se propage pas en passant par les enfants de moins de dix ans, voilà ce que l’on déduit.

Visiblement, la vermine euro-mondialiste se moque de nous, elle se moque d’abord de la logique aristotélicienne la plus élémentaire. Un Belge lambda ou un Italien oméga à l’embarquement à Bruxelles, peuvent être potentiellement contagieux, donc ils doivent désormais monter patte blanche, tandis qu’un Grec ou un mandarin issu de l’européisme totalitaire réellement existant, fréquentant pourtant la même ville, disons Bruxelles, ne le sont pas. Comme si le virus ne peut que concerner le... bas peuple et d’ailleurs même de manière sélective. Donc, soit le virus est très contagieux se transmettant potentiellement par tout être humain, soit, il ne l’est pas autant... ou sinon que sa contagiosité change selon les catégories socioprofessionnelles ou le passeport, il va de ce fait falloir choisir son discours. Notons au passage que de nombreuses mesures de la dite “distanciation” sont de mise pour tous les moyens de transport, pendant que le PDG d’Aegean, ami de Mitsotákis, a imposé la proximité, voire la promiscuité dans ses avions. De même que les Allemands de Lufthansa, suivis de tous les autres. Ceci explique autant cela... surtout, dirions-nous, depuis que dieu Pan est mort.

Aegean, informe ses passagers ressortissants grecs. Août 2020

Prenant aussi prétexte de la fermeture des établissements dits festifs et de restauration dans certaines régions et villes grecques désormais à minuit, c’est en évoquant “le réaménagement des horaires d’ouverture des boites de striptease”, qu’une certaine presse mainstream fait alors ouvertement la promotion de la prostitution, c’est aussi dans le vent qui souffle en ce moment.

Et pendant que ces mêmes médias grecs aux ordres arrondissent... les ongles turcs, certains médias russes, croient savoir “que les missiles S-300 russes que la Grèce avait acheté il y a quelques années déjà, ont été activés à plusieurs reprises depuis juillet dernier, ciblant notamment les F-16 turcs, développement ayant provoqué un certain repli turc”. Difficile d’en savoir davantage.

Au même moment, c’est au large de Rhodes, qu’une navette rapide emplie de migrants parmi ces autres envahisseurs envoyés par Erdogan, a essuyé les tirs des Garde-côtes grecs, les envahisseurs ont immédiatement fait demi-tour.

La presse grecque, tout comme la presse internationale, ont pratiquement ignoré la nouvelle du grand incendie de la semaine dernière à Chypre, en zone-libre, c’est-à-dire non-occupée par la Turquie. L’incendie en question, laquelle a tout ravagé sur un front de plus de vingt kilomètres avait comme origine plus d’une dizaine de foyers de départ... donc acte. La guerre par tous les moyens.

L'incendie à Chypre. Août 2020

Nos touristes nous quittent... pendant que les Turcs se pointent à l’horizon et ce n’est pas nouveau. On a l’habitude. Rien n’est ainsi perdu comme le passé n’a pas été oublié. Certains médias forcément alternatifs, reviennent sur la pendaison des patriotes Andréas Zákos, Charílaos Michaḯl et Iákovos Patátsos. Nous sommes à Nicosie, le 9 août 1956 et les colonisateurs Anglais ont pendu ces héros de la liberté, car le plan britannique, approuvé il faut dire à l’époque par les... apatrides aux commandes à Athènes d’alors, comme de toujours, a d’emblée décidé d’offrir l’île à la minorité turque du 18% de sa population et en réalité à la Turquie, au lieu de laisser la majorité de la population décider de son sort.

Iákovos Patátsos. Patriote grec de Chypre 1934-1956

Quelques instants seulement avant sa pendaison, Iákovos Patátsos a interpelé Père Antónios, l’aumônier de la prison centrale de Nicosie. Il a tout simplement demandé avec toute la simplicité et l'innocence d'un enfant. “Quand ils nous emmèneront vers la fin mon Père, quel cantique devrions-nous chanter?” La réponse fut claire. “L'hymne national et rien d’autre.

La Muse de la chanson populaire a immortalisé le sacrifice des trois jeunes datant du 9 août 1956, neuf années plus tard. La chanson leur rendant hommage a été composée par Sotíris Benétas ; comme par hasard, elle reste totalement ignorée des radios et des télévisions. Sauf sur Internet et bien entendu, dans le cœur du pays réel qui subsiste.


Notons que le frère d’Andréas Zákos n’a jamais oublié non plus. Dans les années 2000, il s’est approché en zodiac du yacht du prince Charles alors au mouillage en mer Égée, en criant: “Assassins, assassins.

La presse locale de Chios rend également hommage cet été au lieutenant Nikólaos Katoúndas, surnommé le “Léonidas de Chypre”, tombé héroïquement le 22 juillet 1974 lors de l’invasion turque. Car au-delà des cas officiels de COVID-19 dont les médias nous parlent sans cesse, il y a bien beaucoup plus grave... et cette gravité sans fin, elle a toujours eu en Grèce une résonance historique, sauf bien entendu pour la vermine des politiciens d’Athènes, ainsi que pour les désormais décervelés abondants au pays de Thucydide.

Nikólaos Katoúndas 1943-1974

Dieu Pan est mort mais nous sommes toujours là... devant Thermopyles. La patrie a d’abord été l’affaire de tous mais surtout celle des humbles.

Sur ce blog, on n’a pas la langue dans sa poche. Août qui ne finit pas et enfin déjà, une bonne nouvelle. Avec peut-être... la disparition des oracles, Hermès de greekcrisis va mieux, vraiment mieux après son... opération et hospitalisation. La vie est belle!
Hermès de greekcrisis va mieux. Août 2020


* Photo de couverture: Nos touristes nous quittent. Póros, août 2020